Boris' personal timeline, a place to collect and share things from Boris' life.
Created by arkenciel82 on Nov 11, 2008
Last updated: 02/23/10 at 08:35 PM
boris d. has no followers yet. Be the first one to follow.
Je vous invite à regarder et à partager le clip de la campagne des régionales en Ile de France
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/02/23/Le-clip-de-la-campagne-des-R%C3%A9gionales
La campagne régionale en Ile-de-France, particulièrement intense, m’accapare énormément, ce qui explique ma petite absence durant la semaine écoulée sur ce blog. Tous ces efforts déployés par nos candidats et nos militants sont d’ailleurs féconds, ne serait-ce que sur le terrain des sondages, qui nous situent d’ores et déjà à égalité avec le MoDem… La campagne régionale en Ile-de-France se déroule sur une multitude de terrains et de thèmes. En particulier sur celui du regain de violence en milieu scolaire, qui provoque depuis une semaine la légitime protestation des enseignants et des élèves et s’étend progressivement à de nombreux établissements de la région.
Le PS et l’UMP - sans doute parce qu’ils n’ont pas envie de parler des dossiers, tels les transports, où la Région exerce des compétences prioritaires (le bilan de M. Huchon comme le projet de Mme Pécresse n’étant manifestement pas vendeurs) - polémiquent à qui mieux mieux sur la question de la violence dans les collèges et les lycées, se stigmatisant l’un l’autre.
Au risque de surprendre, je ne rentrerai pas dans ce mauvais débat : bien sûr, la Région peut clôturer les lycées et les pourvoir en vidéosurveillance. Bien sûr, c’est nécessaire, et ce sont d’ailleurs des mesures que nous proposons nous-mêmes dans notre projet pour l’Ile-de-France. Mais, comme on s’en doute, ces solutions sont très loin de répondre à l’intégralité du problème posé, lequel dépasse même la seule question de la sécurisation des établissements.
Tout d’abord, il est bien évident que la Région n’est que très marginalement compétente dans ce domaine dans la mesure où ce sont les services de l’Etat, police, justice et Education nationale qui sont en première ligne. A cet égard, il est étrange de voir Mme Pécresse, ministre d’un gouvernement qui veut supprimer la clause générale de compétence des collectivités territoriales pour les recentrer sur leur cœur de missions, accuser la Région Ile-de-France d’inertie et la mettre en cause comme si c’était elle la première responsable !
C’est au ministère de l’Education nationale de doter les établissements en personnels d’encadrement en nombre et en qualité appropriés. Comment imaginer que des équipes de surveillants en sous-effectif chronique, même renforcé de 2 ou 3 contrats précaires d’étudiants, vont pouvoir efficacement prévenir et contrer les intrusions violentes des bandes ? C’est se moquer du monde et on ne peut que partager la colère des enseignants comme des élèves à l’endroit d’un ministre de l’Education nationale qui nie le problème pour des raisons d’économies comptables, tout en récusant le « droit de retrait » (la faculté pour un fonctionnaire de cesser le service en cas de danger sans perte de rémunération) invoqué par les professeurs confrontés à la violence ordinaire.
Pour autant, un surcroît de moyens humain, même s’il est nécessaire, ne traiterait que la conséquence du problème et non la cause. La racine du mal, comme le souligne Jean-Paul Brighelli sur son blog, c’est le renoncement du monde des adultes à fixer des limites à une jeunesse de plus en plus en mal de repères. Moins on reconnaîtra comme tel l’irrespect, plus l’irrespect se renforcera dans la mesure où la question sous-jacente posée par ces attitudes est celle du « jusqu’où puis-je aller dans la contestation de l’autorité ? »
Pour résorber à la racine la dérive de l’école, qui est celle de l’école à la dérive, il faut d’urgence pratiquer à tous les étages de l’Education nationale la tolérance zéro, une politique de ferme reprise en main qui cesse d’abandonner de manière irresponsable, en dernier ressort, les enseignants, de les utiliser comme ultime rempart aux défauts de comportement de toute une société.
A cet égard, il me paraît urgent de :
- Rendre aux enseignants et aux proviseurs un vrai pouvoir de sanction, que l’on a confié à tort à un conseil de discipline prompt à minimiser les choses ;
- Remettre au goût du jour les exclusions définitives des fauteurs de troubles irrécupérables des établissements scolaires – trop souvent freinées par les autorités, voire carrément annulées par les préfets ! – quitte à créer des structures spécialisées pour les accueillir.
Pratiquer la tolérance zéro à l’école est autant une question de volonté que de moyens. Combien de temps faudra-t-il encore attendre ?
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/02/19/D%C3%A9rive-%C3%A0-l%E2%80%99%C3%A9cole%2C-%C3%A9cole-%C3%A0-la-d%C3%A9rive%E2%80%A6
La polémique déclenchée par la garde à vue de trois adolescentes impliquées dans une bagarre à Paris prend une tournure ubuesque. Avant même que l’IGS rende ses conclusions, pourquoi donc stigmatiser les policiers et policières impliquées, dont tout laisse croire qu’ils se sont comportés conformément aux règles, pourquoi hurler à la bavure ? Que l’on se soucie, que l’on s’émeuve même, de l’explosion des procédures de garde à vue (près de 900 000 pour l’année 2009 !), à cause d’une « politique du chiffre » démagogique et liberticide, qui aboutit à inquiéter une foule d’inoffensifs citoyens tout en lâchant la pression sur les délinquant, évidemment ! C’est une réaction de salut public, nécessaire à l’indispensable rétablissement de la confiance, ébranlée, de la société dans l’Etat régalien et au retour d’une action policière prioritairement tournée contre les délinquants, même sans statistique spectaculaire. D’ailleurs, tous les syndicats de police dénoncent avec force cette dérive inacceptable qui les éloigne, la rage au cœur, de leur mission prioritaire : protéger les paisibles citoyens, traquer le crime.
Ceci posé, on ne peut qu’être révolté par la démagogie anti-policière qui s’est emparée de la sphère politico-médiatique, ce jusqu’au sommet de l’Etat. Emportée par cette déraison irresponsable, la garde des Sceaux nous promet une loi purement émotionnelle qui risque de remettre en cause l’efficacité même de la procédure de garde à vue, pour le plus grand bonheur des trafiquants, délinquants, voyous, membres des bandes violentes, et autres braqueurs. Elle accrédite ainsi le soupçon d’une police agissant au mépris du droit, des règles de la déontologie et des principes républicains !
Trop c’est trop ! Va-t-on voir ainsi un gouvernement de droite affaiblir à un niveau inédit la sécurité publique dans notre pays à cause d’une politique d’affichage sécuritaire dont plus personne n’est dupe et que tout le monde rejette ?
Il faut en finir avec cette sinistre plaisanterie de la « politique du chiffre » totalement irréaliste, contreproductive et dangereuse pour la légitime tranquillité des citoyens ordinaires. C’est la responsabilité du président de la République et de son ministre de l’Intérieur. Qu’ils se ressaisissent enfin !
Tout en recentrant les investigations et les gardes à vue sur les vrais délinquants, le devoir de l’Etat est aussi de donner les moyens juridiques, humains et matériels aux forces de sécurité publique pour accomplir dans des conditions correctes leurs missions. Assez de diminution des effectifs au nom d’une politique aveugle et absurde de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ! Assez des commissariats taudis, où les policiers, autant que les justiciables, connaissent des conditions de vie indignes d’un pays comme la France ! Assez des injonctions illégitimes de juridictions étrangères qui prétendent dicter à la République française sa manière de conduire la procédure pénale !
Nos concitoyens doivent manifester tout leur soutien aux policiers et gendarmes qui sont aussi victimes de cette situation ubuesque. Qu’ils ne cèdent pas à cette tentation du mauvais procès intenté injustement aux forces de l’ordre par leur propre hiérarchie. Qu’ils ne cèdent pas à l’angélisme émotionnel d’un démantèlement des procédures grâce auxquelles la police et la gendarmerie les protègent des délinquants. A l’arrivée, ils en seraient les premières victimes.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/02/11/Pol%C3%A9mique-sur-la-garde-%C3%A0-vue-%3A-non-aux-lois-%C3%A9motionnelles-%21
Nous avons été reçus par la délégation CFDT de l’usine Altis de Corbeil qui fabrique des puces électroniques, notamment pour les téléphones mobiles. Cet établissement filialisé en 1999 par IBM à parité avec Siemens puis la nouvelle entité allemande Infinéon emploie 1400 salariés contre 3000 aux grands moments de la splendeur IBM, dont 400 chercheurs.
Les équipes sont démoralisées et on peut les comprendre car depuis 1999 l’usine vit à la recherche d’un repreneur et se replie sur elle-même. Sa production de très haute technologie était en avance mais se retrouve aujourd’hui concurrencée par l’Asie où des investissements massifs des grandes entreprises internationales du secteur ont été réalisés pour profiter d’une main d’œuvre à bas coût.
Faute d’investissement supplémentaires l’entreprise n’intéresse pas de repreneur à l’exception d’une piste russe il y a deux ans, d’un vague projet franco-algérien il y a quelques mois et, tout dernièrement, d’un montage emmené par Serge Dassault dans lequel ce dernier verserait une première dotation de 40 millions d’euros.
En vérité la situation de cette usine révèle les maux terribles de notre économie notamment de notre industrie de haute technologie. Pas d’entreprise mère française capable d’avoir une stratégie à moyen terme, 15 ans de déficit d’investissement, une absence de dialogue social et de motivation collective et ajoutons à cela les 35 heures, l’image de la France en matière sociale, les charges qui pèsent sur l’emploi plutôt que la TVA sociale qu’a su mettre en place Mme Merkel.
Et bien évidemment comble de tout, un libre échange déloyal avec des pays asiatiques qui investissent des milliards d’argent public alors que l’Europe interdit toute politique industrielle, sans même parler d’un le yuan chinois sous-évalué de 50%.
Nos industries ressemblent ainsi à un coureur cycliste qui devrait commencer le Tour de France avec quatre freins serrés sur chaque roue ! On lui souhaite bien du courage !
Ces contraintes aberrantes, nous nous les infligeons à nous-mêmes, par incapacité à voir le monde tel qu’il est, prisonniers que nous sommes des idéologies et des intérêts d’une petite classe qui se goinfre de la mondialisation, pendant que la grande majorité crève.
Si ces handicaps étaient levés, très vite nous pourrions relocaliser beaucoup d’activités et restaurer une dynamique de compétitivité de notre économie.
En un mot, la situation de l’Europe pouvant difficilement être pire, un changement de cap, même timide, produirait immédiatement ses effets. Là encore, faudrait-il le vouloir, se donner les moyens de réveiller les Français, leur indiquer ce changement de direction, ne pas faiblir.
C’est tout l’enjeu de notre Convention du 10 avril prochain sur l’emploi et le pouvoir d’achat où nous proposerons les mesures concrètes pour sortir notre pays de cette débâcle industrielle.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/02/05/Altis%2C-entreprise-de-pointe-condamn%C3%A9e-%C3%A0-mort-par-la-mondialisation
La décision du Procureur Marin de faire appel de la relaxe de Dominique de Villepin engage Nicolas Sarkozy dans une fuite en avant incontrôlable, qui abaisse la fonction présidentielle. Qui pourra croire en effet, après les déclarations du fidèle Frédéric Lefebvre dès hier après-midi, manifestement dans la confidence, que le Procureur a agi sans l’instruction directe du président de la République qui, de surcroît, s’est de toute évidence arrangé pour qu’Europe1 lui ouvre son antenne ?
Un procès politique a été déjoué hier par le tribunal et, ce faisant, sa nature apparaît clairement au grand jour. C’est pourquoi l’hôte de l’Elysée cherche à se cacher derrière le Parquet, voulant faire croire que c’est bel et bien ce dernier, donc l’institution judiciaire, qui est à l’origine de ces poursuites. Ainsi, l’évidence du procès politique serait occultée. Peine perdue, personne ne sera dupe, d’autant moins qu’on se souvient que le Parquet, au tout début de la procédure, avait justement refusé de poursuivre l’ancien Premier ministre… avant de se raviser comme par enchantement !
Nicolas Sarkozy ne supporte pas de voir la Justice indépendante et veut relancer le procès car il a peur du combat politique et démocratique à la loyale. Il a encaserné l’UMP et veut à tout prix éviter l’émergence d’alternatives politiques à droite, qui feraient s’effondrer son système de parti unique et de liste unique dans laquelle il a enfermé la majorité à son propre profit.
Cet abus de l’appareil d’Etat, cette instrumentalisation « décomplexée » de la Justice, jamais vus sous la 5ème République, sont indignes de notre pays et s’apparentent à une conception bananière de la pratique du pouvoir.
Que ceux, qui doutaient à un moment de mon choix de quitter l’UMP il y a deux ans et de bâtir une vraie force politique indépendante, gaulliste, sociale et républicaine, ouvrent enfin les yeux : tout compromis avec ce régime, qui entraîne la majorité à sa perte, est impossible. Il faut faire allégeance au pouvoir, au clan, à la famille, ou essuyer ses foudres impitoyables.
Raison de plus pour nous mobiliser pour le scrutin du 14 mars prochain où nous présenterons des listes indépendantes
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/01/29/Proc%C3%A8s-politique-%21
J’ai visité lundi dernier une exploitation agricole en Seine et Marne. 440 hectares, faisant vivre trois familles qui ont mutualisé leur matériel pour plus d’efficacité. L’exploitant, membre de la Coordination rurale, m’a exposé l’un des problèmes majeurs de l’agriculture française : l’absence d’une vraie capacité d’expertise indépendante pour vérifier et promouvoir les bonnes pratiques agricoles.
Par exemple, il m’a relaté comment il a tâtonné pendant des années pour trouver le bon dosage d’engrais à l’hectare, le fabriquant, bien sûr, indiquant dans la notice une dose dix fois supérieure à ce qui se révèle finalement nécessaire.
Une fois le produit mis sur le marché, muni de toutes les autorisations en bonne et due forme, ce sont des millions d’euros qui partent en fumée sauf pour quelques grandes entreprises qui, bien sûr, poussent à la consommation. Sous forme de boutade, l’exploitant m’a dit : « C’est comme si le pharmacien était aussi le médecin ». S’il en était ainsi, il va de soi que les prescriptions de médicaments s’envoleraient.
Mais à quoi sert le Ministère de l’Agriculture, à quoi servent les Chambres d’Agriculture ? Les quelques experts qu’elles dépêchent sur le terrain sont trop vite rapatriés dans leur bureau.
Le jour où une expertise indépendante et aisément accessible en matière agronomique sera assurée, alors on pourra parler de vrai Grenelle de l’Environnement. On est très fort pour demander l’installation de panneaux solaires sur le toit de la grange ou de planter une éolienne au milieu du champ, cela fait écolo ! En revanche on tâtonne toujours pour doser correctement les produits chimiques dans les sols.
Tout à coup, alors que j’étais sur le départ, il me dit : « J’oubliais, ils viennent de sortir une semence entourée d’un insecticide qui nous a tous rendu malade dans le secteur. On s’est renseigné et les symptômes sont apparus dans toute la France. Pourtant ce nouveau produit est autorisé par le ministère ».
Il y a de quoi frémir quand on sait que les médecins leur ont demandé de ne plus toucher cette semence et que le fabriquant a même recommandé un masque pour le manipuler. L’enquête suit son cours. Là aussi, silence radio du ministère de l’Agriculture.
En rejoignant une autre exploitation, à travers ces magnifiques paysages de Seine-et-Marne, où l’on peut voir ces vieilles fermes fortifiées des environs de Provins, je me disais tout simplement que c’est l’Etat qui a disparu, débordé par ces multinationales, par un progrès technologique qui avance plus vite que les chefs de bureaux, par ces intérêts qui achètent la bureaucratie de Bruxelles ou de Paris.
Oui, de tout temps il y a eu des combines, mais jusqu’à une période récente l’Etat jouait son rôle, celui de faire prévaloir l’intérêt général, la santé publique. Curieux pays qui a autant de fonctionnaires et de dépenses publiques par habitant mais qui semble incapable de se faire respecter par Bayer ou Monsanto ! Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de volonté et d’organisation. A cet égard, serait-il si extraordinaire que la Région apporte son aide à ses agriculteurs, pour aider à la réorganisation des filières, pour encourager certaines productions, pour apporter une expertise qui fait défaut ? Ce n’est, semble-t-il, pas la préoccupation de M. Huchon ni de Mme Pécresse. Mais, me diront-ils sans doute : « La Seine-et-Marne est si loin… »
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/01/28/Agriculture-%3A-l%E2%80%99Etat-d%C3%A9missionnaire
Les habitués de ce blog n’ignorent pas que j’ai toujours combattu l’ouverture à la concurrence du marché français de l’énergie, quitte à admettre dans ces conditions que nos énergéticiens devraient modérer leurs prises de participation et interventions sur le marché de nos voisins européens. Pour mémoire, je rappellerai les arguments principaux qui motivent ce refus : l’énergie, ressource vitale et non-stockable pour ce qui concerne l’électricité, nécessite de gigantesques investissements que ne peut supporter la sphère privée, et doit être accessible au plus grand nombre à un tarif bon-marché, pour servir l’efficacité économique comme la justice sociale. Bref, ressource d’intérêt général, elle doit demeurer sous contrôle étatique et constituer un service public national de première importance.
Or, la capitulation de Jacques Chirac et Lionel Jospin au sommet de Barcelone en mars 2002, qui a vu la France accepter, en dernier et à contrecœur, l’ouverture à la concurrence de son marché de l’énergie, remet frontalement en cause le service public de l’énergie inventé à la Libération, lequel a assuré tant l’indépendance énergétique de notre pays que son développement économique durant les Trente Glorieuses.
Ce qui est menacé au cœur du service public, ce sont les tarifs administrés bon-marché (fixés par l’Etat), rendus possible par l’avantage comparatif tout à fait loyal que constitue notre industrie électronucléaire. Nos voisins produisant une énergie beaucoup plus chère en l’absence de centrales nucléaires, il est concrètement impossible à leurs opérateurs de s’aligner sur les tarifs administrés français, ce qui rend toute concurrence impossible.
La Commission de Bruxelles, comme nos gouvernants, le savent. Ils tournent donc autour du pot depuis juillet 2007 (date officielle de l’ouverture à la concurrence en France), tentant petit à petit de transformer EDF en multinationale alignant, à la hausse, ses tarifs sur ceux de ses concurrents. Le sujet est bien entendu explosif, 95% des particuliers étant sagement restés aux tarifs administrés en toute connaissance de cause.
Dès lors, nos ultralibéraux de Bruxelles et Paris ont imaginé un système tordu pour contourner l’obstacle : au lieu d’abolir les tarifs administrés, brutalement ou progressivement au nom de la concurrence, ils ont mis au point un tour de passe-passe qui est un vrai scandale. Il s’agit de mettre à la disposition des concurrents d’EDF en France pas moins de 30% de l’électricité nucléaire au coût de production, afin que ceux-ci puissent s’aligner sur le tarif administré.
« Jusque ici, se dira-t-on, tout va bien, puisque ce sera indolore pour le consommateur… » Et bien non, car en réalité cette vente à perte par EDF à ses concurrents va entraîner un manque à gagner pour l’entreprise, qui va le répercuter sur… le tarif administré, ainsi appelé à augmenter pour s’approcher progressivement du prix du marché européen ! C’est notamment pour cette raison que les PDG successifs d’EDF, M. Gadonneix hier, M. Proglio aujourd’hui, réclament des hausses de 20 à 25% du tarif administré sur quelques années, prétextant des « investissements nouveaux ». Sur la forme, la méthode, sournoise, est détestable. Sur le fond, elle est inadmissible : vendre à prix coûtant à des opérateurs privés de l’électricité nucléaire - créée par les efforts du contribuable français depuis des décennies - revient à une spoliation pure et simple du patrimoine national au profit d’intérêts particuliers. Ce n’est même pas une privatisation où l’Etat réaliserait une bonne affaire financière, c’est une véritable braderie pour permettre au dogme de la concurrence de triompher, sur le dos des usagers bien sûr. Avant, on payait peu cher une électricité publique, demain on paiera de plus en cher une électricité spoliée par quelques grands féodaux, à seule fin de rémunérer des actionnaires avides et des salaires astronomiques de dirigeants et cadres dirigeants !
A ceux qui s’étonnent d’ailleurs de la maladresse apparente du pouvoir autour de l’arrivée d’Henri Proglio à la tête d’EDF, avec un salaire démesuré pour une entreprise publique et des responsabilités croisées au sein d’une autre entreprise au risque du conflit d’intérêt, la tentation est grande de dire que si l’Etat voulait peu à peu normaliser l’énergéticien public en multinationale comme les autres, il ne s’y prendrait pas autrement…
Plusieurs syndicats, comme FO et la CGT, ont alerté sur ce qui apparaît comme une perspective de plus en plus probable. Il ne faut pas les regarder comme des bolcheviks le couteau entre les dents ! Même s’ils défendent parfois les intérêts de leurs professions, auxquelles des efforts de meilleure gestion pourraient être demandés pour sauver l’entreprise publique (et non la privatiser), j’estime que leurs mises en garde doivent être prises au sérieux.
En tout cas, qu’on ne compte pas sur moi pour voter au Parlement une loi qui spoliera les Français de leur patrimoine national, avant qu’on ne le leur fasse payer une seconde fois par des hausses de tarifs correspondantes !
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/01/25/Lib%C3%A9ralisation-de-l%E2%80%99%C3%A9lectricit%C3%A9-spoliation-du-patrimoine-national-%21
Chaque semaine, je croise des artisans, des commerçants, des patrons de PME fragilisées par la crise, à qui les banques refusent des rallonges de trésorerie de quelques milliers d’euros : « Garanties insuffisantes ! » clament-elles. Mais lorsque j’ouvre le journal, je lis que l’euphorie spéculative et boursière bat à nouveau son plein, générant des bonus pour les traders de France avoisinant… le milliard d’euros au titre de 2009, ce qui représente l’équivalent de 62 000 smic en un an !
On me dira que les banques françaises ont remboursé, avec intérêts, l’aide d’Etat dont elles avaient bénéficié l’année dernière, ce qui avait permis d’empêcher un effondrement généralisé qui eût été catastrophique pour tous.
Las, il n’empêche que ces établissements bancaires continuent de collectionner les privilèges, se cachant derrière leur soi-disant compétitivité à l’international pour les justifier. Songeons que ces banques se refinancent à des taux ridiculement bas auprès de la banque centrale, avant de pratiquer des tarifs de crédit, aux particuliers comme aux PME créatrices d’emplois, souvent prohibitifs. Songeons aussi aux prix très chers qu’elles pratiquent pour « punir » les particuliers du moindre découvert, des frais de transaction hors zone euro ou de retrait à partir de distributeurs automatiques hors de leur propre enseigne – d’un coût unitaire d’une dizaine de centimes d’euro, chaque opération peut être facturée un euro, soit 900% plus cher !
Entre spéculation et surfacturation des prestations, rendue possible par l’abus de position dominante qu’exerce l’oligopole bancaire, comment s’étonner de l’explosion des profits alors que tous ou presque se serrent la ceinture ?
Ce système est doublement scandaleux : moralement, car il suscite un légitime sentiment de révolte, économiquement, car il se révèle inefficace pour libérer les énergies et galvaniser les forces vives, que l’on ne cesse ainsi de décourager. Certains s’offusquent qu’une majorité de jeunes Français souhaitent devenir fonctionnaires, mais à qui la faute ?
On nous dit alors que les banques à l’étranger font bien pire. C’est à voir, notamment si le président Obama inflige réellement un remboursement de 110 milliards de dollars aux banques américaines, comme il en a agité la menace ce week-end. Quant à la taxe exceptionnelle sur les bonus annoncée par Christine Lagarde, comment ne pas voir son hypocrisie, sachant qu’elle se substitue au projet de taxe sur les fonds propres, finalement abandonné ?
De vraies solutions existent pourtant, pour peu que la puissance publique veuille les mettre en œuvre :
Il faut tout d’abord taxer à titre exceptionnel les bonus 2009 – à hauteur de 80% par exemple – car rien ne justifie que les banques distribuent des bonus au titre de l'année 2009 sachant que ces bonus sont le produit de l'effondrement des marchés en 2008 et du sauvetage de l'Etat et alors que la majorité des Français souffrent lourdement des conséquences de la crise.
- il faut mettre en place une taxe sur toutes les transactions financières (taxe Tobin) de manière à décourager la spéculation et surtout à davantage faire contribuer le monde financier à la collectivité.
- il faut réformer radicalement les normes prudentielles pour imposer aux banques de mettre davantage d'argent de côté afin qu'elles ne dépendent pas du secours des contribuables en cas de baisse sévère des marchés.
Il faut aussi procéder à la nationalisation d’une banque, afin de briser l’oligopole bancaire et réintroduire sur ce marché une réelle concurrence au profit des consommateurs.
Il faut enfin, de préférence à l’échelle européenne, introduire une séparation stricte entre banque de détail et banque d’affaires (sur le mode de la législation du New Deal de Roosevelt), afin d’empêcher toute nouvelle prise en otage du système par des banques dont la faillite précipiterait toute la société dans la tourmente (en finir avec les « Too big to fail », comme les appellent les analystes internationaux).
La chose est possible, mais encore faudrait-il que les gouvernants en aient la volonté. Sur ce plan, hélas, rien n’est moins sûr…
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/01/19/Tr%C3%A8s-chers-traders
Face à l’intention de Renault de délocaliser en Turquie la fabrication de la Clio IV, décision scandaleuse à plus d’un titre, nos gouvernants ont semblé un moment adopter la bonne attitude : Christian Estrosi a convoqué le n°2 du groupe et Nicolas Sarkozy, à juste raison, s’est empressé de déclarer qu’un constructeur automobile français ne pouvait pas recevoir de subvention de la collectivité pour tout juste après réduire ses capacités de production en France et faire fabriquer à l’étranger des véhicules destinés au marché domestique. Tout semblait donc en place pour que l’Etat ne laisse pas se produire cette décision ubuesque, conformément à la volonté maintes fois réaffirmée et parfaitement légitime de relancer en France une politique industrielle digne de ce nom, à même d’enrayer ou de pallier l’hémorragie des délocalisations.
Mais non, aussitôt le scénario immuable, d’ordinaire plus étalé dans le temps pour que le bon peuple ne puisse le voir, s’est produit : la Commission européenne a montré les dents, faisant savoir qu’elle allait demander des explications au gouvernement français et signifiant par là qu’elle ne laisserait faire aucun patriotisme économique, même européen, puisqu’il s’agit dans le cas d’espèce d’une délocalisation hors zone UE !
La confusion est à son comble, car on ignore précisément en vertu de quoi Bruxelles pourrait s’opposer à ce que l’Etat français négocie avec une entreprise dont il détient 15% des actions en vue de maintenir ses activités sur le marché national.
Mais le résultat ne s’est pour autant pas fait attendre : Christine Lagarde a rapidement fait savoir que la France respecterait ses « engagements européens » (comprendre qu’elle devrait se coucher devant les oukases des eurocrates) et Christian Estrosi a lui-même baissé d’un ton, semblant déjà se résigner à ce qu’il qualifiait d’inacceptable la veille au soir.
Et maintenant, on nous explique que tout sera décidé au sommet demain, entre le président de la République et le président de Renault. Mais, en toute probabilité, il est à craindre que ce qui sera sans doute appelé, en termes diplomatiques, un « compromis », ne soit qu’une capitulation de l’Etat. Une de plus…
Ainsi va la schizophrénie européenne à la tête de la France. Mais ne serait-il pas temps pour Nicolas Sarkozy d’en sortir, d’avoir enfin le courage de défier Bruxelles qui n’a aucune légitimité à défendre les délocalisations, qui plus est vers des pays hors UE ?
S’il vous plaît, Monsieur le Président, souvenez-vous envers qui sont vos premiers devoirs et ayez donc le courage de joindre les actes à la parole !
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/01/15/Schizophr%C3%A9nie
« La politique du résultat » en matière de lutte contre l’insécurité a été, depuis 2002, l’axe-phare du ministre de l’Intérieur entretemps élu président de la République. De l’aveu général, cette politique poussée à l’extrême est devenue une « politique du chiffre » totalement contreproductive, les crimes et délits les plus graves ne cessant de progresser. Le ministère de l’Intérieur le reconnaît d’ailleurs lui-même lorsqu’il parle désormais de l’infléchir dans un sens plus « qualitatif ». Mais cette inflexion peut-elle suffire ? Pour être efficace, la lutte contre l’insécurité doit disposer de moyens matériels et juridiques adaptés et être portée par une véritable volonté politique, capable de voir en face les problèmes à la racine et de les traiter. Or, si le gouvernement semble enfin disposé à en finir avec son discours permanent d’autosatisfaction fondée sur une lecture formelle des statistiques de l’insécurité, sa volonté de renverser la vapeur paraît très hypothétique, tant sa gestion du problème est à des années-lumière de ce qu’il faudrait admettre et faire pour vraiment rétablir l’ordre républicain en France.
Les moyens matériels ? Comment ignorer les effets catastrophiques du non remplacement d’un départ sur deux à la retraite dans la police et la gendarmerie, au titre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), qui va se traduire dès 2010 par la suppression de plus de plusieurs centaines de postes ? Comment ignorer, aussi, le délabrement de nombre de commissariats, le vieillissement des véhicules, les heures supplémentaires jamais payées, etc. Sans oublier la paupérisation de la justice, qui explique la surpopulation carcérale et, pour une part, ses mauvaises performances dans la chaîne pénale ou ses défaillances dans le contrôle judiciaire. Cette politique de fausses économies, d’économies de court terme, coûte toujours plus cher au final, car lorsque vient l’heure de l’inévitable rattrapage la facture est beaucoup plus salée que l’économie initialement réalisée.
Les moyens juridiques ? On approche ici de la Bérézina : les lois de réforme pénitentiaire ont considérablement aggravé un certain laxisme judiciaire, qui fait de la France la championne du monde toutes catégories des remises et dispenses de peine. Et que penser de cette folie qui consiste à vouloir faire appliquer aveuglément un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme, imposant la présence d’un avocat dès la première heure de garde à vue ? En se pliant aux oukases de Bruxelles, le gouvernement s’apprête à anéantir l’efficacité des enquêtes dans les affaires les plus graves (drogue, terrorisme, crimes de sang,…).
Enfin, la fermeté affichée par le gouvernement masque en réalité depuis très longtemps nombre d’incohérences et de contradictions, qui l’empêchent de vraiment obtenir le résultat qu’attendent les Français. A commencer par cette « politique du chiffre », dont le principal effet pervers est de traquer et punir à l’excès les tout petits délits commis par les honnêtes citoyens, au détriment de la lutte contre une délinquance réclamant plus de temps et produisant donc des statistiques moins rutilantes. D’autant, cela n’aura échappé à personne, que cette « politique du chiffre » rime fort bien avec cette espèce de politique de racket routier qui conduit à infliger de coûteuses amendes pour des dépassements de la vitesse autorisée d’un ou deux kilomètres / heure… Où est la fermeté de l’Etat lorsqu’il laisse se développer les zones de non-droit où prospèrent les trafics, lorsqu’il ferme les yeux sur l’absence de contrôles aux frontières, lorsqu’il laisse faire l’embauche des « sans-papiers » pour permettre à certaines entreprises d’écraser les salaires, etc. ?
A cette fausse fermeté, DLR oppose depuis longtemps des mesures simples et fortes : le rétablissement du contrôle aux frontières et la reconduction des clandestins, le durcissement de la loi contre le travail irrégulier, le doublement du budget de la justice afin que chaque peine d’emprisonnement soit exécutée dans le mois et que les prisons aient une capacité d’accueil adaptée, le recrutement des personnels en nombre suffisant pour les forces de sécurité publique, l’allocation de moyens décents pour la police et la gendarmerie, le rétablissement de la police de proximité, la suppression des lois et règlements laxistes comme celles sur les remises de peine, ou encore le maintien d’un système de gardes à vue efficace, n’en déplaise à Bruxelles…
Cette politique aurait certes un coût financier et nécessiterait un réel courage politique face à certains lobbies d’extrême-gauche ou à l’Union européenne. Mais je suis persuadé que les Français seraient dans leur grande majorité prêts à l’assumer. Tant il est vrai que la sécurité demeure la première et la plus sacrée de nos libertés…
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/01/14/Lutte-contre-l%E2%80%99ins%C3%A9curit%C3%A9-%3A-derri%C3%A8re-les-effets-d%E2%80%99annonce%2C-le-fiasco
Je reviens des obsèques de Philippe Séguin avec un goût amer. Certes la cérémonie fut belle et solennelle. Mais le peuple qu’il affectionnait tant était absent, les barrières de sécurité bloquant l’accès des anonymes, des sans-grade. Il y avait dans la nef de l’église Saint-Louis des Invalides toute la classe politique française (ou presque…) comme si, soudain, celle-ci voulait exprimer un remord.
Au-delà bien sûr de la perte d’un être exceptionnel, comment s’empêcher de penser à la mise entre parenthèses - par ces mêmes dirigeants pressés d’honorer l’homme - de ses idées, de cette « certaine idée de la France » si chère au Général de Gaulle et pour laquelle il s’était tant battu. Heureusement les idées renaissent surtout quand elles sont en profonde adéquation avec la personnalité d’un peuple.
En filigrane, les commentateurs n’ont cessé d’insinuer que le « séguinisme » était parti avec son initiateur : vision « ancienne » pour les uns, édulcorée au fil du temps au point d’en devenir illisible pour les autres, à n’en pas douter il s’agirait davantage d’une posture liée à un caractère fort (parfois même un peu trop, nous dit-on) que de convictions pertinentes et solides dans la vie politique nationale.
Mais tout cela ne montre-t-il pas la gêne et la peur des adversaires politiques de Philippe Séguin de voir resurgir, après sa mort, son idéal de la France ? Un idéal resservi, faut-il le rappeler, à chaque élection par ceux-là mêmes qui s’empressent ensuite de lui tourner le dos. Mais un idéal de liberté et de justice qui, en réalité, l’a bel et bien emporté en mai 2005 avant d’être mis sous le boisseau par l’UMPS.
En voulant enterrer ses idées en même temps que l’homme, c’est un adieu définitif au séguinisme que les politiciens ont voulu dire, oubliant que l’intéressé lui-même n’excluait pas de revenir dans l’arène à l’issue de ce qui n’aurait été qu’une traversée du désert.
Convaincus de la justesse et de la modernité intactes de son idéal, nous dirons simplement au revoir à ce qu’a représenté Philippe Séguin, jusqu’à ce que la roue de l’histoire, avec notre concours, en fasse ressurgir la nécessité et en consacre la victoire.
Il nous revient maintenant de poursuivre le combat. Je suis conscient d’être désormais en première ligne pour porter cette certaine idée de la France. Quand j’aurai besoin de courage, je penserai à Philippe Séguin.
Le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre n’est-il pas de poursuivre ce qu’il a tenté avec tant de talent ? L’avenir dira si nous en sommes capables.
A nous de nous battre sans compromis et sans relâche pour être à la hauteur de cette responsabilité.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/01/12/Ce-n%E2%80%99est-qu%E2%80%99un-au-revoir%E2%80%A6
Un mouvement de grève inattendu prend en otage depuis plusieurs jours un service public dont les agents ne sont pourtant pas à plaindre.
Non, non, je vous rassure : il ne s’agit pas d’une grève sauvage des conducteurs de la ligne A du RER francilien, dont les médias omettraient de parler. Mais de l’ensemble des fonctionnaires de l’Union européenne, qui refusent de voir leur traitement ne pas augmenter autant que les textes le prévoient. Selon ces textes, nous dit le quotidien Le Monde, ladite hausse devrait s’élever à 3,7%, mais les Etats membres qui sont les payeurs, ne l’entendent pas de cette oreille : ils souhaitent une augmentation moindre, d’un peu moins de 2%, crise oblige bien sûr.
Leur argument n’est pas d’ailleurs pas dénué de logique : alors que l’ensemble des institutions communautaires ne cessent de plaider pour des cures d’austérité dans les pays de l’Union touchés par la crise et l’aggravation des déficits publics, certains devant diminuer de 10 à 20% les salaires dans la fonction publique, ne serait-il pas juste et nécessaire que les fonctionnaires européens eux-mêmes donnent l’exemple ? Pour ma part, je propose qu’une baisse de 10% soit immédiatement appliquée à l’ensemble de ces salaires, qui sont réalité exorbitants !
En effet, nos chers « eurocrates » de la Commission, du Conseil, de la Cour européenne de Justice, du Parlement, etc. ne sont pas particulièrement assujettis aux niveaux de rémunération qu’ils ne cessent de prôner pour les autres : à la Commission de Bruxelles, les traitements (hors Commissaires) s’échelonnent ainsi de 2550 à 17 700 euros mensuels, à quoi s’ajoutent de rondelettes primes d’expatriation, une fiscalité exagérément favorable, sans parler des avantages annexes qui ne doivent pas manquer d’exister pour les garanties sur les prêts bancaires, les mutuelles, etc. On le voit, on est bien loin des conducteurs du RER A à 3300 euros en fin de carrière…
Les instances dirigeantes de la Commission européenne vont-elles donc appeler à la raison leurs agents, et au passage démontrer qu’elles sont autant soucieuses de la bonne gestion des deniers publics européens que de celle des deniers publics nationaux ? Que nenni ! Pour désamorcer un conflit social embarrassant pour la bonne marche des services, préserver la confidentialité des dossiers qui y sont traités (et dont la publicité pourrait se révéler bien compromettante pour plus d’un) et tout simplement assoir sa suprématie sur les Etats, la Commission soutient mordicus cette grève parfaitement indigne à l’heure où tant d’Européens doivent se serrer la ceinture pour cause d’euro surévalué, de politique de libre échange en forme de capitulation volontaire face à la Chine ou aux Etats-Unis, de remboursement d’aides d’Etat jugées indues par Bruxelles (agriculteurs, patrons-pêcheurs,…), etc. Bruxelles va donc porter plainte devant la Cour européenne de Justice, dont les fonctionnaires, on peut le parier, suspendront provisoirement la grève, afin de lui donner raison et de condamner les Etats bailleurs de fonds.
« Faites ce que je dis, pas ce que fais », semble plus que jamais le slogan de l’Europe de Bruxelles, de cette construction supranationale aux politiques punitives et méprisantes pour les peuples, qui détruit les démocraties nationales existantes sans rien proposer d’autre à leur place que le règne de l’oukase, de la déflation, du creusement indéfinis des inégalités, de l’invasion des produits chinois, des délocalisations, etc. Une Europe supranationale juge et partie dans la résolution de ses propres conflits sociaux, au point désormais de ressembler aussi à une vulgaire république bananière.
Les réactions face à ce véritable scandale sont des plus discrètes, et on aimerait bien entendre le gouvernement français sur ce sujet ; on aimerait bien le voir faire preuve d’au moins autant de fermeté que celle déployée contre les conducteurs de la ligne A du RER, au prix d’une prise en otage de 17 jours des pauvres usagers franciliens… Car, après tout, la plupart des 500 millions habitants de l’UE, les gens ordinaires, n’auraient pas à se plaindre de la paralysie prolongée de cette machine à fabriquer des règlements tatillons et souvent absurdes.
Incroyable mais vrai, il se trouve quand même quelques commentateurs pour soutenir les malheureux grévistes communautaires : « On comprend la colère des fonctionnaires, d’autant que, dans le même temps, leur cotisation retraite augmente de 0,4 % et le prélèvement spécial de crise de 0,25 % (soit 5,07 % du salaire net…). » ose ainsi affirmer Jean Quatremer sur son blog !
Ce n’est bien entendu pas le point de vue que Défend DLR, qui préconise la suppression pure et simple de la Commission de Bruxelles et la réintégration des fonctionnaires européens dans leur administration nationale. Mais en attendant, pourquoi pas créer un nouveau mode de calcul de leur rémunération ? Au lieu de caler cette dernière sur la moyenne de l’évolution des salaires dans les 8 pays historiques de l’UE (les 6 fondateurs, plus la Grande-Bretagne et l’Espagne), pourquoi ne pas prendre en compte l’ensemble des variations de salaires des fonctionnaires des 27, y compris ceux qui ont essuyés des baisses de 10 à 20 % ?
Voilà qui permettrait de faire goûter aux « eurocrates », en toute justice, le prix des décisions qu’ils infligent aujourd’hui à autrui sans limite, sans contrôle ni aucune répercussion sur leurs propres situations. Manière, en quelque sorte, d’atténuer ce « Faites ce que je dis… » qui n’a jamais et nulle part servi la démocratie et le Progrès.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/12/29/Salaires-des-fonctionnaires-europ%C3%A9ens-%3A-il-faut-une-baisse-imm%C3%A9diate-de-10%25-%21
De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer la suspension, voire l’abandon pur et simple, du débat sur l’identité nationale. Que celles d’Alain Juppé ou François Baroin se joignent, à droite, aux charges de Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin, montre s’il en était encore besoin, la lourde ambiguïté qui enveloppe la démarche imposée par Nicolas Sarkozy et son ministre Eric Besson. Le débat paraît certes mal posé, mais ce n’est pas, pour autant, en y mettant un terme que l’on répondra au vrai défi posé : revitaliser notre modèle national fondé sur l’assimilation républicaine et le progrès social.
En effet, j’ai dit dès le début du débat sur l’identité nationale combien l’intention d’un détournement de cette question, pourtant essentielle, à de basses fins électoralistes, est contestable : celle-ci, en caricaturant les choses, va à l’encontre du but soi-disant recherché - rassembler la France et les Français autour d’une vision mobilisatrice d’eux-mêmes. La conséquence ne se fait pas attendre : au lieu d’unir, on divise. Au lieu de proposer une identité collective dynamique et intégratrice, on sous-entend une opposition irréductible entre Français « de souche » et Français « d’adoption ».
Résultat, c’est l’idée même de toute identité française qui est faussée et discréditée, ouvrant un boulevard à la provocation des éternels trublions pour qui tout sentiment national s’apparente au fascisme…
L’identité française, une identité de tout temps politique, est ouverte par son universalisme raisonné, mais n’est pas compatible avec tout et n’importe quoi. C’est le tort d’une grande partie de la gauche que de récuser cette dimension majeure et incontournable du fait national français, en se focalisant uniquement sur des approches socio-économiques de type « lutte des classes ».
Le caractère massif de l’immigration de peuplement, dont s’inquiète même le quotidien Le Monde, relevant que dans certaines villes de Seine-Saint-Denis le taux d’étrangers dans la population totale dépasse les 35%, empêche toute assimilation des individus. Droite et gauche, qui ferment les yeux sur cette situation et ont capitulé face à l’Europe-passoire de Schengen, en sont largement coresponsables. Et, bien sûr, la cristallisation dans ces quartiers de la relégation sociale, du sous-emploi, de la délinquance, du travail dissimulé, attise d’un côté la défiance communautariste des « accueillis » et, de l’autre, le rejet des « accueillants » à l’égard d’une population jugée inassimilable.
C’est sur ce rejet que Nicolas Sarkozy cherche à surfer à la veille des élections régionales, voulant couper l’herbe sous le pied au Front National en accaparant des sentiments xénophobes qu’il prétend « décomplexer » - comme tout le reste. Or cette voie n’est pas seulement moralement condamnable, elle est inefficace pour ce qui concerne la remise en mouvement de notre modèle national et républicain d’identité. Fossoyeur des services publics, de la souveraineté nationale en Europe, de l’indépendance française vis-à-vis des Etats-Unis, d’une économie où l’on peut vivre de son travail au lieu de subir les effets de la mondialisation-clochardisation, de la citoyenneté républicaine avec ses mesures de discrimination positive larvée, le pouvoir en place cherche en fait à faire oublier qu’il sape lui-même les bases de ce qui constitue le modèle français, pour mieux en dénoncer la prétendue obsolescence et imposer des « réformes » contraires à nos valeurs et à notre projet de société républicain. A cet égard, avec ces politiques antifrançaises, Nicolas Sarkozy fait le lit de ce qu’il prétend combattre, le communautarisme. Et on ne peut que donner raison à Alain Juppé, lorsqu’il interroge : « Aujourd'hui, quelle est la capacité d'accueil de la société française vis-à-vis de ceux qui la rejoignent, en particulier des musulmans ».
L’identité nationale doit être revivifiée, notamment au travers des politiques menées au plus haut niveau de l’Etat. Dans ce cadre, il est évident qu’il faut combattre les pratiques arabo-musulmanes incompatibles avec la laïcité et la citoyenneté républicaine. On est loin d’en prendre le chemin actuellement. C’est bien pourquoi, pour revenir à la question initiale, s’il ne faut pas interrompre un débat qui existe de toute façon dans les esprits, il est grand temps de le poser différemment. Il faut s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour redonner un sens concret et de la perspective à une identité française qui sera d’autant plus ouverte qu’elle sera forte dans ses assises et ferme dans ses principes.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/12/23/Faut-il-continuer-le-d%C3%A9bat-sur-l%E2%80%99identit%C3%A9-nationale
Le sommet de Copenhague aura été le révélateur de toutes les contradictions mondiales.
Si à cette heure il est impossible de connaître le résultat définitif, il est malheureusement fort probable que la montagne va accoucher d’une souris. Certes, ce sommet n’aura pas été inutile dans la mesure où il aura forcé chacun à abattre ses cartes. Les Etats-Unis ont accepté l’idée d’une aide de 100 milliards d’euros pour les pays les plus pauvres. L’Europe est prête à un effort considérable. Les pays les plus pauvres ont bien défendu leur cause et la Chine a été obligée d’entrer dans le jeu.
Pour autant, la position de l’Europe reste solitaire face au conflit majeur entre les Etats-Unis et la Chine. La Chine qui refuse avec obstination un contrôle sur son territoire des émissions de carbone.
On peut comprendre les Etats-Unis, d’ailleurs, quand ils affirment qu’ils sont prêts à baisser leurs émissions à la seule condition que les Chinois n’en profitent pas un peu plus pour devenir l’unique usine du monde.
En vérité, aucun accord à la hauteur de l’enjeu ne semble se profiler, pour la simple raison que la plupart des pays ne veulent pas remettre en cause un libre échange intégral qui favorise les pays qui protègent le moins leur environnement.
En vérité les bons résultats de l’Europe en matière de lutte contre l’effet de serre résultent principalement de sa désindustrialisation, elle-même liée aux délocalisations.
Ce qui est gagné sur notre continent est doublement reperdu, d’une part par des pollutions considérables générées dans les pays émergeants, d’autre part par le bilan carbone désastreux du transport des marchandises.
C’est pourquoi, si l’Europe avait la volonté d’aller de l’avant, elle mettrait en œuvre la seule solution de nature à faire vraiment bouger les choses, comme je le réclame depuis des années, à savoir une taxe carbone aux frontières. L’entreprise qui veut échapper aux normes européennes en allant produire ailleurs, verrait ainsi son gain annulé puisque ses produits importés verraient leur coût augmenter.
Le produit de ces taxes pourrait d’ailleurs être en partie reversé à l’aide au développement. C’est la seule solution pour éviter le pillage de l’environnement des pays émergents et responsabiliser les multinationales qui sont les premières responsables de l’explosion de l’émission de carbone en Chine ou en Inde.
Mais pour cela il faudrait bien sûr revoir le fonctionnement de l’OMC et mettre en œuvre les fameuses zones régionales de libre échange que Maurice Allais, Prix Nobel d’économie, défend depuis 20 ans.
La France, plutôt que de céder à la mode du politiquement correct en instituant une taxe carbone sur ces propres habitants qui sont déjà les plus vertueux au monde, devrait ainsi mettre les pieds dans le plat au niveau européen.
Mais là aussi, quand comprendra-t-on que pour changer l’Europe, il faut une France indépendante, comme pour changer le monde, il faudrait une Europe volontariste.
Je renvoie pour plus d’explications à mon discours du 23 novembre 2008 lors du Congrès fondateur de Debout la République.
En attendant, espérons quand même que la nuit portera conseil aux grands de ce monde !
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/12/18/R%C3%A9chauffement-climatique-%3A-si-l%E2%80%99Europe-voulait%E2%80%A6
Voici le texte d'une question écrite que j'ai déposé à l'attention de Monsieur Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes. Question qui sera très bientôt publiée au journal officiel. Monsieur Dupont-Aignan appelle l’attention de Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et européennes sur le secret concernant les négociations autour de l’accord commercial anti-contrefaçon, en anglais Anti-Counterfeiting Trade Agreement ou ACTA.
En effet, depuis des mois, des discussions sont entamées par l’Union Européenne avec plusieurs Etats dont les Etats-Unis afin d’aboutir à un accord sur les droits de propriété intellectuelle. Or toutes les demandes faites dans le but de lever le mystère autour de ce que ce texte pourrait contenir se sont toutes soldées par des échecs. Le Conseil de l’Union Européenne a même répondu à une de ces requêtes en expliquant que la diffusion de documents relatifs à cette négociation pourrait en « entraver le bon déroulement ».
Toutefois seul le grand public semble tenu à l’écart de ces informations, car à la lumière de ce qui se passe habituellement pour ce type de texte, il est fortement improbable que les industries intéressées par les droits de propriétés intellectuelles ne soient pas au courant de son contenu. On l’a vu par le passé, notamment pour les traités de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI / WIPO) ces industries sont, en règle générale, les initiatrices de ce type de discussions internationales et sont toujours les rédactrices de ces traités.
Or l’opacité totale qui caractérise cette rédaction laisse la place à de nombreuses interrogations :
Ces accords seront-ils respectueux des libertés individuelles ? En effet selon certaines sources, ce traité de droit commercial aurait pour objet d’établir des normes en matière de droit pénal au mépris de la souveraineté judiciaire des nations concernées.
Ces accords visent-ils à instituer la riposte graduée, au niveau international, et ce malgré les nombreux votes du parlement Européen hostiles à de telles mesures, et aussi malgré la récente décision du Conseil Constitutionnel reconnaissant l’accès à Internet comme étant un élément essentiel pour l’exercice de la liberté d’expression ?
Ces accords concernent-ils les médicaments distribués à bas prix à leurs populations par des gouvernements de pays du tiers-monde ? Selon l’ONG Oxfam international il s’agirait dans l’ACTA de généraliser le blocage de médicaments génériques transitant par les pays riches. Ces médicaments, majoritairement produits par l’Inde et destinés aux populations africaines et latino-américaines, font régulièrement l’objet de saisies par les douanes Européennes lorsqu’ils transitent sur notre sol. Or il semblerait que les négociateurs Européens auraient reçu mandat afin que le traité soit orienté de façon à généraliser les mesures de blocage au niveau de tous les pays signataires qui seront majoritairement les pays riches par lesquels transite la quasi-totalité des marchandises du monde, ce qui aura pour effet immédiat de menacer la santé et donc la vie de millions de patients dans les pays pauvres.
Ces accords sont-ils rédigés en grande partie sous la dictée des Etats-Unis, comme cela a été le cas pour les traités OMPI / WIPO?
Toutes les questions qui pourraient être posées à propos de la nature de ce texte restent en suspens, même si toutefois, la confidentialité qui entoure l’ACTA en dit long, à la fois sur ce qu’il devrait contenir, mais aussi sur la qualité du processus démocratique en matière de négociations commerciales internationales.
Afin de rétablir la normalité en terme de contrôle démocratique sur un accord qui va servir de base législative en ce qui concerne les droits de propriété intellectuelle, Monsieur le Député demande à Monsieur le Ministre de bien vouloir, d’une part, lui indiquer les mesures qu’il compte prendre afin que tout ce qui concerne l’élaboration de l’ACTA soit librement accessible à nos concitoyens et , d’autre part , de lui indiquer la position de la France sur ce dossier.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/12/17/ACTA-%3A-ce-qu-on-ne-vous-dit-pas...
La grève des conducteurs du RER A traduit une fois de plus le délabrement et l’insuffisance des RER franciliens. Certes, on peut reprocher aux grévistes de prendre en otage des millions d’habitants de la Région capitale mais, au-delà, il faut bien comprendre que cette ligne, l’une des plus empruntée au monde, est au bord de l’asphyxie faute d’avoir, en temps utile, bénéficié des investissements nécessaires.
D’un côté la Région Ile-de-France est d’une passivité incroyable, de l’autre le gouvernement semble vouloir laisser pourrir le conflit en refusant le moindre geste dans les négociations salariales.
Mme Pécresse et Mr Huchon veulent se rejeter mutuellement la faute, alors même qu’ils sont coresponsables de l’asphyxie des transports franciliens.
Le projet du « Grand Paris » doté de 20 milliards d’euros n’en est que plus dérisoire et scandaleux car il montre à quel point le gouvernement est déconnecté des réalités quotidiennes.
Dans le froid glacial les usagers subissent une galère rarement vécue, c’est pourquoi il serait temps de prendre des mesures d’urgence :
- réquisition de bus au départ des gares de banlieues pour, comme je l’avais fait en 1995 dans ma ville, soulager une partie des usagers ;
- indemnisation des usagers ;
- véritables négociations avec les conducteurs ;
- investissements massifs dans le réseau RER tout de suite, plutôt que dans un « Grand Paris » prohibitif, dont la réalisation doit attendre une vingtaine d’années…
Les élections régionales en Île-de-France doivent enfin être l’occasion de proposer des solutions qui aillent à la source des difficultés vécues par les Franciliens et dont la mise en œuvre changerait tangiblement le quotidien de millions d’habitants. Je crois que c’est possible et je constate, comme tout le monde, que c’est nécessaire. Du concret maintenant, c’est ce que je leur proposerai ces prochaines semaines avec les candidats et les militants de Debout la République.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/12/15/RER-A-%3A-Jusqu%E2%80%99o%C3%B9-irons-nous
Hier soir dans le journal le Monde, le Maire socialiste de Clichy-sous-Bois a décrit la réalité des choses quant à la situation dans les banlieues dites « sensibles » : immigration non maîtrisée, concentration des nouveaux arrivants dans des quartiers bien isolés, incapacité des services publics à « digérer » les flux, renforcement du communautarisme de substitution à l’appartenance nationale, accroissement de la haine à l’égard de la France, pays d’accueil, qui pourtant finance à grands frais un système social particulièrement généreux. Le rapport 2009 de l’Observatoire National des zones urbaines sensibles montre une nouvelle fois que l’avertissement des émeutes de 2005 n’a pas été entendu. C’est une véritable bombe à retardement dont son compte à rebours a été enclenché. On ne pourra pas la désamorcer si on n’agit pas sur quatre points essentiels.
- la croissance économique, car c’est toute une jeunesse qui se trouve confrontée au fléau du chômage de masse ;
- la formation, car l’Education Nationale à force d’abandonner les exigences minimum et de faire passer de classe en classe des élèves qui n’ont pas le socle de connaissances pour pouvoir poursuivre des études ou tout simplement pouvoir être utile en entreprises, est en train de sacrifier une génération. C’est à l’école primaire que tout se joue, et les chiffres de l’illettrisme sont accablants ;
- la sécurité, car on ne peut pas accepter que le trafic de drogue se substitue à l’économie réelle. Les habitants n’en peuvent plus de la terreur que font régner les bandes et ne souhaitent qu’une chose, déménager, renforçant par là même la ghettoïsation ;
- enfin, bien évidemment, à rebours de la pensée unique, le contrôle des flux migratoires car aujourd’hui, contrairement à ce que faire croire le gouvernement, les régularisations et l’immigration clandestine atteignent des chiffres incompatibles avec la capacité assimilatrice de notre pays.
Seul bon point au cours des cinq dernières années, la rénovation urbaine a bien progressé. Les quartiers changent de visage mais, malheureusement, le désœuvrement qui y règne, les haines qui couvent ne sont pas extirpées à la racine.
Il est certes utile de rénover l’environnement urbain, il n’en reste pas moins vain de se contenter d’une politique des apparences qui ne résout rien au fond. Toute la (bonne) volonté de Fadela Amara n’y changera rien.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/12/01/Les-banlieues-font-%C3%A0-nouveau-la-une-des-journaux.
le discours de Nicolas Dupont-Aignan lors de la discussion générale sur le projet du Grand Paris
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/11/26/Grand-Paris%2C-un-projet-mal-construit.
Le débat du Grand Paris a commencé. Le général de Gaulle ne se privait pas de lancer des grands projets et nul doute que Nicolas Sarkozy cherche à marcher dans ses pas avec le projet de réaménagement de la région francilienne.
L’intervention de l’Etat est bien sûr nécessaire et légitime, mais à la condition d’être pertinente. Or, le décalage entre le discours sur la construction de l’avenir à 20 ans et la réalité des mesures inscrites dans le projet de Christian Blanc est saisissant ! Des mesures, à la réflexion, qui ne règlent pas les problèmes du présent et ne préparent même pas valablement l’avenir… Les exemples ne manquent pas.
Ainsi, la ligne D du RER qui accueille chaque jour deux fois plus de passagers que l’ensemble du réseau TGV français est dans un état déplorable et ni Réseau Ferré de France, établissement public désormais en charge des infrastructures, ni la Région Ile-de-France, n’ont été capables d’investir le minimum vital pour éviter que les rails cassent ou permettre que les aiguillages, dont certains datent de 1927, fonctionnent correctement.
Le plan arrêté par la Région Ile-de-France prévoit 120 millions d’euros alors qu’il en faudrait au minimum 1 milliard pour remettre en état cette ligne empruntée chaque jour par environ 600 000 Franciliens.
Je pourrais bien sûr citer quantité d’autres exemples : l’absence d’investissements routiers minimum alors que 70% des déplacements en Ile-de-France se font par la route ; des millions de Franciliens qui habitent en grande couronne ne disposant pas de bus le soir et le week-end. Avec 100 millions par an, on pourrait pourtant doubler les lignes de la grande couronne etc. etc.
Mais qui cela intéresse-t-il ?
Christian Blanc et le Président de la République préfèrent les « grands » équipements. Mais faut-il encore que ces équipements, grands ou petits, répondent aux besoins…
Même la gauche a cédé à cette folie des grandeurs ! Ainsi, le tramway parisien a coûté une fortune et ne fait que remplacer des lignes de bus, alors qu’avec la même somme, on aurait pu soulager la vie quotidienne de millions de banlieusards.
Et surtout, comble d’indécence, la super boucle de Christian Blanc fait la une de tous les journaux mais coûte 21 milliards d’euros, alors même que la France est en faillite !
L’enjeu est donc simple : proposer aux Franciliens un projet moins coûteux, plus concret, plus immédiat.
Moins coûteux, car avec 10% simplement du coût du Grand Paris, on pourrait déjà réparer les RER.
Plus concret, car avec la vingtaine de projets de déblocage des points noirs autoroutiers, l’on pourrait fluidifier la circulation automobile et réduire la pollution.
Plus immédiat, car c’est vrai, si l’Etat et la Région avaient la volonté de changer les choses, ils débloqueraient les crédits dont la mobilisation n’a cessé d’être repoussée, et conduiraient en quelques années les réalisations tant attendues.
Mais au-delà du plan transports surréaliste du Ministre Blanc, il faut bien sûr mener conjointement une vraie politique d’aménagement du territoire, aussi bien au niveau national que régional.
Aménagement du territoire national pour éviter l’engorgement de l’Ile-de-France. Le schéma directeur de la Région prévoit toujours plus d’habitations. Comme le Président de la République, qui confond vocation mondiale et gigantisme, alors même que ce sont les métropoles durables et équilibrées qui réussiront demain.
Mais encore aussi ne faut-il pas détruire les services publics en province, laisser se multiplier les délocalisations et les déserts industriels, laisser asphyxier les villes moyennes et dépérir notre agriculture, etc.
A partir de là, une autre politique d’aménagement du territoire serait possible à l’intérieur de l’Ile-de-France car, soyons francs, aucun système de transport, aussi performant et aussi coûteux soit-il, ne pourra jamais absorber le trafic induit par la concentration des emplois sur un seul site comme la Défense. La construction de 450 000 m² supplémentaires de bureaux à la Défense est à cet égard une pure folie.
L’objectif est bien évidemment de rétablir l’agrément pour la construction des bureaux qui avait été mis en place par le général de Gaulle pour forcer les implantations économiques à se répartir harmonieusement sur le territoire de la région, autour de pôles mêlant habitat, emplois, équipements publics.
Hélas, on le voit bien, les « grands projets » ne font pas toujours une grande politique. Ils peuvent tout autant mener à de grands fiascos. C’est bien pourquoi je voterai contre ce « Grand Paris » si mal nommé, tout en proposant une alternative plus raisonnable, lorsque je prendrai ces prochaines heures la parole dans le cadre du débat parlementaire.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/11/24/Grand-Paris-%3A-les-%C2%AB-grands-projets-%C2%BB-ne-font-pas-toujours-une-grande-politique
Il y a plusieurs semaines, nous avons créé avec plusieurs élus Maires, Conseillers Généraux, Députés et Sénateurs, l’Association Nationale des Collectivités et des Elus Libres et Indépendants. Certains avaient été surpris de cette création nouvelle, se demandant pourquoi je voulais mobiliser les élus locaux contre la réforme des collectivités territoriales. Le projet de loi gouvernemental était si compliqué que peu l’avaient lu. Il n’était pas simple, il est vrai, de se plonger dans les détails des articles pour comprendre les conséquences graves d’une telle réforme sur les territoires de la République et, surtout, leurs habitants.
Aujourd’hui, jour du Congrès des Maires de France, après le coup de gueule de Jean-Pierre Raffarin, tout à coup se produit une immense prise de conscience, dans laquelle s’exprime un mélange d’exaspération et de colère. Le gouvernement s’est, tout seul, mis dans un piège redoutable, présentant un projet plein de contradictions et ne répondant pas aux attentes des élus.
Le Président de la République qui a annoncé sans préparer la suppression de la taxe professionnelle ne veut pas perdre la face tandis que les Sénateurs UMP sont tiraillés entre leur fidélité au gouvernement et leur lucidité sur les périls que recèle cette autre réforme, en réalité jumelle de la précédente.
Le simple bon sens serait bien évidemment de reporter la réforme d’une année, le temps d’étudier sérieusement les conséquences, notamment fiscales, d’écouter les élus et de recueillir vraiment les attentes des Français.
Curieux pays qui semple pris dans un tourbillon d’agitation et qui, sur une question essentielle, n’est pas capable de se poser tranquillement pour rechercher les meilleures solutions.
Le Président de la République, quant à lui, après avoir effectué des annonces fracassantes, est parti en Arabie Saoudite : bonne excuse pour ne pas affronter la colère et le bon sens de milliers d’élus locaux qui doivent préparer le budget 2010 sans connaître les recettes dont ils disposeront.
Mais rien n’est encore joué : la mobilisation des Français et de leurs élus peut encore renverser la balance, comme pour l’EPAD, comme pour la réforme des lycées il y a un an…
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/11/17/Collectivit%C3%A9s-territoriales-%3A-la-r%C3%A9forme-%C2%AB-avance-%C2%BB-sur-la-t%C3%AAte-%21
La sécurité publique, et plus généralement le maintien de l’ordre républicain, est la première des libertés, ainsi qu’on l’entend si souvent rappeler. A juste titre. Hélas, le gouvernement actuel, là comme ailleurs, a tendance à se réfugier derrière des propos martiaux ou des satisfecit pour faire oublier l’insuffisance criante de ses résultats, lorsqu’il ne s’agit pas de la baisse délibérée des effectifs de sécurité publique au nom d’une politique à très courte vue de maîtrise de la dépense publique (RGPP) ! Après la volonté de rupture affichée par le candidat Sarkozy en 2007, on a vraiment l’impression, ainsi que je l’écris aujourd’hui dans le magazine Valeurs Actuelles (tribune accessible sur le site de Debout la République), à un retour en catimini de la pensée unique.
Au-delà des statistiques, que les stratèges de la communication politique s’emploient si bien à travestir, il y aussi les exemples concrets observés dans la vie courante.
Ainsi, dans une ville de ma circonscription en Essonne, un trafiquant de drogue a été interpellé par les services de police, dont je tiens ici à saluer la ténacité et l’efficacité. Passé en comparution immédiate, il a écopé d’une peine de 30 mois de prison (dont 10 fermes) et d’une amende de 4000 €, ce qui n’est pas cher payé vu la gravité des faits reprochés : trafic de stupéfiant, détention d’armes et d’une somme suspecte de 20 000 € en espèces. Pire, on est en droit de s’inquiéter après l’adoption toute récente de la loi pénitentiaire, qui prévoit la conversion automatique en peines de substitution des condamnations à moins de deux ans de prison ferme !
De même, l’argent a été confisqué lors de la perquisition au domicile du trafiquant, mais… a été restitué au père, qui prétend qu’il lui appartient ! Mais détient-on plusieurs dizaines milliers d’euro en liquide à son domicile ?!
Cet exemple n’a bien sûr aucune commune avec des situations beaucoup plus graves que l’on peut observer dans le nord de la région parisienne. Je signale à cet égard une enquête passionnante et surprenante publiée par le quotidien Libération il y a quelques semaines, révélant comment une bande de jeunes trafiquants de drogue met en coupe réglée des quartiers de la ville de Sevran, en Seine-Saint-Denis : cette bande fait quasiment la loi dans la cité au vu et au su des autorités, obligeant les habitants à se terrer chez eux et même parfois, pour les plus fragiles d’entre eux, à accepter de voir leur domicile servir de « dépôt » aux trafiquants, en contrepartie de la « protection » de ces derniers !
A propos de la Seine-Saint-Denis toujours, territoire de la République décidément en terrible déshérence, le quotidien Le Monde a récemment appris à ses lecteurs que les services de l’Etat sont impuissants à empêcher une immigration clandestine ou semi-clandestine massive, le pourcentage de non-nationaux atteignant jusqu’au tiers de la population de certaines communes !
Le renforcement continu de ces ghettos ethniques est totalement alarmant et rend bien dérisoire des débats sur « l’identité nationale » que le gouvernement, pendant ce temps-là, se targue d’organiser.
A cet égard, les prochaines élections régionales ne doivent pas seulement être l’occasion de mettre sur la table les dossiers cruciaux des transports et de l’emploi. Il faudra aussi parler ordre républicain pour qu’enfin on vienne en aide à toutes ces populations abandonnées de la République…
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/11/12/L%E2%80%99inexorable-recul-de-l%E2%80%99ordre-r%C3%A9publicain
Depuis un an je n’ai cessé de réclamer de vraies mesures de régulation du secteur bancaire français, aussi bien pour des raisons d’efficacité économique que de décence. Mais depuis un an, le gouvernement s’est contenté d’hausser le ton, sans agir en conséquence. Chacun de nous l’a remarqué, il a toujours sous la main une excellente raison, une raison d’impérieux intérêt général, pour justifier, au-delà de mesures un peu cosmétiques, son indulgence à l’égard du secteur bancaire et financier. Un secteur bancaire et financier qui, ne l’oublions pas, est l’un des tout premiers responsables de la surenchère spéculative suicidaire qui a mené à l’effondrement des bourses et à la crise économique.
Dans le désordre, il y eut : l’argument spécieux selon lequel l’Etat ne devait pas entrer de plain-pied dans le capital des banques car il serait incompétent (la compétence des banquiers, elle, n’étant pas en doute…), la nécessité de maintenir l’attractivité de la France dans la compétition internationale (mais pourquoi donc ne pas s’aligner tout de suite sur les standards chinois ? !), l’urgence de préserver des établissements financiers qui alimentent en crédit l’économie réelle et notamment les PME (mais comme par hasard, aucun des engagements pris par les banques sur ce terrain n’a été respecté), l’assurance que de très généreux intérêts seraient versés à l’Etat en contrepartie des 20 milliards d’argent public octroyés (on sait ce qu’il en est advenu), etc.
Dans ce registre, la ministre de l’Economie Christine Lagarde, ancienne des « boards » de multinationales américaines avant son entrée au gouvernement français, excelle tant qu’on finit par se demander de qui et de quoi elle est en réalité ministre. Et on aimerait beaucoup que sa virtuosité rhétorique soit enfin mise au service de cet intérêt général tant invoqué…
La Commission des finances de l’Assemblée nationale vient d’ailleurs de lui en fournir l’occasion, adoptant, avec le concours inattendu de députés UMP, un amendement socialiste prévoyant la sur-taxation des banques. Mais non, là encore notre ministre trouve un argument imparable : la nécessité de ne pas handicaper les banques françaises face à leurs consœurs européennes. Sauf que… plusieurs pays européens, dont la Grande-Bretagne, ont décidé de surtaxer leurs banques, faisant au passage voler en éclats l’argumentation du gouvernement français !
A l’évidence, les banquiers et financiers entendent toujours autant, crise ou pas crise, G20 ou non, se goinfrer de rémunérations faramineuses inversement proportionnelles à leurs performances. D’ores et déjà les bonus et autres qui seront distribués outre-Atlantique casseront tous les records historiques, y compris ceux établis avant la crise. Et on peut sans doute faire confiance au gouvernement français pour justifier qu’il en soit de même dans notre pays, ce qui ne manquera pas tôt ou tard de se produire, vu le rebond de la bourse depuis le début de l’année, malgré les difficultés croissante de l’économie réelle.
Moralement et économiquement, le sauvetage dans ces conditions, cette remise à flots des établissements bancaires pour qu’ils recommencent de plus belle leurs errements avides, est totalement inadmissible. Les Français n’oublieront pas de demander des comptes. Mais, dès à présent, ils ne supporteraient pas que les banques soient exemptées de toute contribution spéciale au redressement des finances publiques, très dégradées à cause d’elles. Les parlementaires semblent l’avoir compris, mais qu’en sera-t-il du gouvernement et de l’Elysée ?
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/10/19/Taxer-les-banques-Plut%C3%B4t-deux-fois-qu%E2%80%99une%E2%80%A6
Je souhaite aujourd’hui vous livrer une dépêche de l’AFP qui fait froid dans le dos : elle énumère les principaux plans sociaux qui ont frappé l’industrie française depuis un an. Industrie: les principaux plans sociaux annoncés en France depuis un an - Actualisation, Dossier, Encadré, Prev
13/10/2009 14h49 GMT INDUSTRIEGOUVERNEMENTSOCIALEMPLOI Nouvelles de France AFP
PARIS, 13 octobre 2009 (AFP) Plans sociaux, fermetures d'usines ou liquidations d'entreprises se sont succédé en France depuis un an.
Voici la liste non exhaustive des principales annonces. Cette liste ne prend pas en compte d'éventuels reclassements des employés concernés.
AUTOMOBILE (constructeurs et équipementiers)
============================================
* RENAULT: plan de 4.400 "départs volontaires" et suppression de 900 emplois dans des filiales
* PSA PEUGEOT CITROËN: "départs volontaires" souhaités pour 3.550 salariés
* VALEO: plan de 1.600 suppressions d'emplois
* FAURECIA: plan de 1.215 suppressions d'emplois entre 2009 et 2011
* NEW FABRIS: entreprise liquidée à Châtellerault (Vienne, 366 salariés)
* MICHELIN: plan de suppression de 1.093 emplois. Fermeture de l'usine de NoyelleslèsSeclin (Nord, 276 salariés)
* GOODYEAR: plan de suppression de 820 emplois sur 1.400 dans l'usine d'AmiensNord. Ce plan a été suspendu par le TGI de Nanterre fin août
* CONTINENTAL: fermeture de l'usine de Clairoix (Oise, 1.120 salariés)
* SEVELNORD (filiale de PSA Peugeot Citroën et Fiat): 350 "départs volontaires" à Hordain (Nord)
* PEUGEOT MOTOCYCLES: 250 emplois supprimés à Mandeure (Doubs) et Dannemarie (HautRhin) sous forme de départs volontaires
* PLASTIC OMNIUM: fermeture de l'usine de SaintRomain de Colbosc (SeineMaritime, 220 emplois)
* TYCO ELECTRONICS: fermeture des usines de Chapareillan (Isère) et ValdeReuil (Eure), 620 salariés
* FULMEN: fermeture de l'usine d'Auxerre (Yonne, 314 salariés)
* LEAR: fermeture de l'usine de LagnyleSec (Oise, 300 salariés)
* SUDRAD ROUES: liquidation de l'entreprise de Soultzmatt (HautRhin, 147 salariés)
* WAGON AUTOMOTIVE: redressement judiciaire. Certains sites ont été repris par la Financière Snop Dunois (FSD) et le groupe Defta, qui devraient reprendre environ 1.250 emplois sur 1.700
* TREVES: plan de plus de 600 suppressions de postes. Fermeture des usines de CrépyenValois (Oise) et Aÿ (Marne)
* MOLEX: plan de licenciement des 283 salariés de VillemursurTarn (HauteGaronne). L'usine doit être reprise avec une quinzaine de salariés par le fonds d'investissement américain HIG
* RENCAST (siège à Bron, Rhône): liquidée, l'entreprise qui employait 850 salariés est reprise par le groupe français GMD avec 565 salariés
* SKF: fermeture du site de FontenayleComte (Vendée, 380 salariés)
* CATERPILLAR (engins de chantier): 600 emplois supprimés (733 initialement prévus)
SIDERURGIE, METALLURGIE, ENERGIE
================================
* RIO TINTO (exAlcan Pechiney): 680 suppressions de postes (dont 450 CDD non renouvelés) annoncées en janvier, puis nouveau plan de 350 suppressions d'emplois annoncé le 13 octobre
* TOTAL: 555 suppressions d'emplois
* ARCELORMITTAL: plan de 1.400 départs volontaires
* COKES DE CARLING: fermeture de la cokerie de Carling (Moselle, 400 salariés)
* SAINTJEAN INDUSTRIES: liquidation de la fonderie de Vénissieux (Rhône, 108 salariés)
* SIEMENS METALS TECHNOLOGIES (équipement pour la sidérurgie): fermeture de l'usine de SaintChamond (Loire, 274 salariés)
* REXAM (canettes): fermeture de l'usine de Gravelines (Nord, 139 salariés)
* CHAFFOTEAUX ET MAURY: plan social prévoyant 207 suppressions d'emplois
CHIMIE, PHARMACIE, COSMETIQUES
==============================
* BUDELPACK (cosmétiques): liquidation de l'entreprise située à Lièpvre (HautRhin, 118 salariés)
* CELANESE (chimie): fermeture de l'usine de Pardies (PyrénéesAtlantique, 350 salariés)
* SANOFIAVENTIS (pharmacie): plan de suppression de 927 emplois
* GLAXOSMITHKLINE (pharmacie): suppression de 850 emplois, dont 798 à Evreux (Eure)
* PFIZER (pharmacie): plan de départ de 700 salariés
* BRISTOLMYERSSQUIBB (pharmacie): fermeture des usines d'Epernon (EureetLoir, 223 salariés) et de Meymac (Corrèze, 162 salariés)
ELECTRONIQUE
============
* SONY: fermeture de l'usine de Pontonxsurl'Adour (Landes, 311 salariés), qui pourrait être cédée à Solarezo (énergies renouvelables)
* NEC COMPUTERS: plan de 387 suppressions de postes dont 337 à l'usine d'Angers, où seule une équipe technique de 28 personnes devrait rester
* HEWLETTPACKARD: plan de 540 suppressions de postes
* FM LOGISTIC: fermeture du site de Woippy (Moselle, 489 salariés)
* PHILIPS EGP (écrans plasma): fermeture de l'usine de Dreux (EureetLoir, 212 salariés)
* ASTEEL TECHNOLOGIE: liquidation. Douarnenez (Finistère, 134 salariés)
AUTRES SECTEURS
===============
* MANUFACTURE FRANCAISE DE SIEGES: liquidation. BerteaucourtlesDames (Somme, 352 salariés)
* CAUVAL INDUSTRIES (matelas): plan de suppression de 307 emplois
* PAPETERIE ETIENNE: fermeture de l'usine d'Arles (BouchesduRhône, 110 salariés)
* SCHWEITZERMAUDUIT (papier): fermeture du site de Malaucène (Vaucluse, 211 salariés)
* ISOROY (bois): fermeture des usines de Chamouilley (HauteMarne) et Châtellerault (Indre), 187 salariés
* BEAULIEU INTERNATIONAL GROUP (textile): fermeture des usines de Comines (Nord) et Douvrin (PasdeCalais), 344 salariés
* NEXANS (câbles): plan de 387 suppressions de postes. Fermeture du site de Chauny (Aisne, 220 personnes)
* SCHNEIDER ELECTRIC (matériel électrique): 264 (direction) à 650 postes (syndicats) "menacés"
* ROSSIGNOL (équipement sportif): 275 postes supprimés
* BENETEAU (construction navale): plan de 600 suppressions d'emplois
mdm/ds
Voici la réalité crue. Les quatre causes majeures de la désertification industrielle ne sont pas traitées, par résignation ou complaisance.
Euro surévalué, libre échange intégral, charges trop lourdes sur la production nationale et marché du crédit aux PME asséché par des banques renflouées par l’argent public sans réelles contreparties (en attendant de nouveaux scandales liés à leurs rémunérations internes, comme hier à Wall Street), sont les vrais fléaux que le gouvernement laisse prospérer avec les résultats fatals que l’on connaît.
Comment s’étonner que les Français soient d’autant plus vent debout face à des polémiques qui dénotent une perte totale des valeurs au plus haut sommet de l’Etat, alors même que leurs difficultés restent sans remède ?
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/10/15/Loin-des-pol%C3%A9miques-parisiennes%2C-la-r%C3%A9alit%C3%A9-de-la-crise
Durant la nuit d’un 4 août resté mondialement célèbre, qui vit la mise à bas de l’ancien régime, les révolutionnaires français ont aboli avec beaucoup de jubilation un privilège particulièrement détesté : le système des offices, consistant, contre argent sonnant et trébuchant, à acheter à l’Etat des charges publiques dont beaucoup étaient héréditaires, transmissibles de père en fils. Dans la foulée de l’abolition des privilèges, l’Assemblée nationale nouvellement constituée proclama la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui dispose notamment, en son 6ème article : « Tous les Citoyens étant égaux aux yeux de la loi, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. »
Cette évocation historique peut paraître banale, tant elle est connue de chacun d’entre nous. Chaque citoyen est en effet censé connaître la Déclaration des droits de l’Homme de 1789, qui est affichée dans les écoles et fait partie du préambule de la Constitution de la République.
La stupéfaction que l’on ressent face à l’accession prochaine de Jean Sarkozy à la présidence de l’Etablissement public de la Défense (EPAD), n’en est que plus immense. Comment le chef de l’Etat peut-il imaginer une seconde que les Français ne verront que du feu à la nomination de son fils de 23 ans, qui n’a même pas achevé sa deuxième année de droit, à un poste stratégique qu’il a lui-même occupé lorsqu’il était président du Conseil général des Hauts-de-Seine ? Comment peut-il imaginer que nos concitoyens seront dupes de ce tour de passe-passe qui, disons-le franchement, sent à plein nez un népotisme digne de l’ancien régime le plus archaïque ? Qui peut d’ailleurs croire que c’est le fils qui gérera les autorisations de construire et non le père ? Or, ce dernier peut-il raisonnablement devenir promoteur immobilier du premier quartier d’affaires européen, sans scier la branche sur laquelle il est assis ? Et que penser, enfin, de la ribambelle de courtisans qui se relaient sans cesse pour, sans rire, justifier cette nomination par le seul « talent » du fils cadet de l’hôte de l’Elysée ? A qui donc fera-t-on croire que l’ascension fulgurante du « fils de » n’a rien à voir avec son nom ? Mais de qui se moque-t-on ?
Il est impossible que Nicolas Sarkozy et ses conseillers n’aient pas vu l’énormité du scandale qu’ils ont eux-mêmes décidé de provoquer. On est donc obligé de constater qu’ils l’assument totalement, comme s’il était naturel que le président de la République, en vertu d’on ne sait quel principe d’hérédité, confie des charges publiques considérables à sa progéniture. Ce n’est plus la République française, c’est la République des offices, ainsi rétablis plus de deux siècles après leur abrogation !
Cette affaire va sans doute soulever une tempête d’indignation dont le président sera bien forcé de tenir compte. Quelle qu’en soit, d’ailleurs, l’issue, on ne peut qu’être inquiet de la légèreté ou du cynisme qui habitent les plus hautes sphères du pouvoir. Comme si la France et les Français n’en avaient pas assez avec la montée du chômage, le retour de l’insécurité, la multiplication des taxes en temps de crise et la cascade de polémiques qui ne cessent de polluer le débat public !
Oui, décidément, il est grand temps que chacun ouvre les yeux et se ressaisisse…
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/10/12/Jean-Sarkozy-%C3%A0-la-t%C3%AAte-de-l%E2%80%99EPAD-%3A-la-R%C3%A9publique-des-offices
Le gouvernement a décidé d’inscrire en tête d’agenda parlementaire la libéralisation des jeux d’argent, dont l’examen commencera dès demain à l’Assemblée Nationale. Souvenez-vous : depuis plusieurs années l’exubérant Commissaire au marché intérieur, l’ultralibéral Charlie McCreevy, se faisait fort d’imposer à notre pays la dérégulation des jeux d’argent, notamment sur le net. Et depuis plusieurs années, le gouvernement français se faisait fort d’y résister, au nom de la lutte – des plus vertueuses - contre le blanchiment de l’argent du crime et l’addiction aux jeux. Beau joueur, le ministre du Budget avait fini par lâcher du lest, proposant une ouverture à la concurrence strictement encadrée et garante de l’ordre public.
Jusque là, en apparence tout au moins, tout semblait aller dans le meilleur des mondes. Mais… patatras ! La Cour européenne de justice de Luxembourg a subitement donné raison au Portugal, qui contestait la fin du monopole public sur ses jeux de hasard, anéantissant du même coup l’oukase imposé par M. McCreevy à notre pays.
Pour une fois (et cela mérite d’être noté), l’Union européenne n’imposait pas l’ouverture à la concurrence à tout crin et rendait licites, et même légitimes, tous les arguments qui étaient opposés à la libéralisation par nos gouvernants depuis tant d’années. En toute logique, ce projet néfaste aurait donc dû être retiré et la victoire arrachée à la Cour européenne, célébrée… Et bien non !
Non, au contraire, le gouvernement hâte maintenant l’adoption de cette réforme, ne la justifiant plus par la contrainte européenne mais par la nécessité d’encadrer les pratiques sur internet qu’il ne serait pas en mesure de contrecarrer. Quel étonnant revirement, quel étrange argument : car lorsque les autorités françaises s’opposaient à l’offre sauvage de jeux en ligne par des opérateurs étrangers, elles trouvaient toujours le moyen de les dissuader d’agir en toute illégalité, bref elles démontraient qu’elles pouvaient parfaitement se faire respecter lorsqu’elles en avaient la volonté.
Il faut donc conclure que le gouvernement français, malgré ses dénégations et ses cris d’orfraie poussés au nom de l’intérêt général, n’a jamais réellement eu l’intention de s’opposer à la libéralisation des jeux d’argent dans notre pays. Pourquoi ?
Le quotidien Le Monde suggère une réponse qui fait froid dans le dos : en réalité, il s’agirait tout simplement de laisser se développer le marché des jeux en ligne, un marché particulièrement juteux, pour permettre aux amis de l’Elysée d’en profiter allègrement. Oui, note le quotidien du soir, la plupart des invités du Fouquet’s au soir de la victoire présidentielle, se sont effectivement positionnés sur ce créneau et s’impatientent de l’adoption de la réforme pour pouvoir amasser de nouveaux ponts d’or. Ils s’impatientent tellement d’ailleurs, que plusieurs médias leur appartenant relaient déjà, en toute illégalité, des campagnes publicitaires pour faire la promotion des sites concernés.
Alors bien sûr, la Française des jeux et le PMU vont essuyer un manque à gagner gigantesque alors qu’une grande partie de leur bénéfice est reversée à l’Etat. Bien sûr, l’encadrement prévu par la réforme ne paraît pas si solide qu’il empêcherait efficacement les dérives liées à la fin du monopole (blanchiment, addiction en augmentation, conflits d’intérêts entre activités de paris et compétitions sportives,…). Mais qu’on se rassure, cette libéralisation à poche percée pour la collectivité ne le sera pas pour tout le monde, elle fera au passage quelques heureux qui, par ces temps de crise, en avaient semble-t-il bien besoin…
J’ai comme beaucoup d’autres été choqué par l’idée de M. Hirsch de créer une « cagnotte » pour renforcer l’assiduité des élèves en lycées professionnels, dénonçant une « école-casino ». Mais finalement, peut-être cette mesure n’est-elle que le « volet scolaire » de cette effrayante politique de l’argent-roi…
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/10/06/La-lib%C3%A9ralisation-du-march%C3%A9-des-jeux-d%E2%80%99argent-%C3%A0-poches-perc%C3%A9es%E2%80%A6-mais-pas-pour-tout-le-monde-%21
Le flot de nouvelles toutes plus abracadabrantesques les unes que les autres ne cesse de grossir chaque jour, sans qu’on ne sache plus très bien où donner de la tête. Je n’aurais pas le temps de les commenter chacune, aussi je me focaliserai sur trois d’entre elles. Tout d’abord, les banques : la politique publique de sauvetage des banques vient d’atteindre un nouveau cap de l’absurde avec le remboursement anticipé par la BNP des sommes prêtées un an plus tôt par l’Etat. Personne n’a oublié l’incroyable montage financier mis en place par le gouvernement fin 2008 pour prêter massivement de l’argent public aux établissements bancaires victimes de leurs propres errements spéculatifs. Incroyable car le pouvoir avait alors renoncé à tout moyen de pression - une contrepartie pourtant des plus légitimes - en refusant d’entrer directement dans le capital des banques. On nous expliquait que la collectivité serait amplement récompensée par les intérêts faramineux versés par les emprunteurs… Résultat des courses, un an plus tard : non seulement les banques, au mépris de leurs promesses, ont drastiquement resserré l’octroi du crédit aux particuliers et aux PME - c’était pourtant la raison prioritaire avancée pour justifier leur sauvetage - mais on apprend aujourd’hui que le type de prêt choisi par l’Etat pour aider les banques ne lui permet pas de profiter de la hausse importante du cours des actions bancaires depuis un an. Envolés les « faramineux intérêts », le Député Didier Migaud estimant que l’Etat se prive ainsi de plus de 6 milliards d’euros, qui auraient été bien utiles en ces temps d’explosion des déficits publics !
Deuxième fait ubuesque : le Parisien d’aujourd’hui révèle que, pour lutter contre l’absentéisme scolaire en lycées professionnels, l’académie de Créteil a décidé de « récompenser » l’assiduité des élèves en versant aux classes jusqu’à 10 000 € en fin d’année. Ce n’est plus l’école laïque, gratuite et obligatoire, c’est l’école-casino ! Au-delà du caractère choquant de cette mesure d’expérimentation (l’école, ce n’est pas « Tournez manèges »), comment ne pas voir les effets pervers que ne va pas manquer de provoquer une telle mesure ? Va-t-il falloir désormais payer tous les élèves de France pour qu’ils aillent à l’école ? Cet argent ne serait-il pas plus utile pour recruter les enseignants et personnels d’encadrement qui manquent ? La réponse tombe sous le sens…
Enfin, j’ai comme chaque Français suivi avec horreur l’assassinat de cette jeune femme en Essonne, kidnappée et tuée par un criminel sexuel récidiviste, que les autorités avaient laissé s’installer à nouveau dans la commune de résidence de sa première victime (de 13 ans), et qui avait de surcroît bénéficié de trois ans de remise de peine – soit plus du quart de la durée totale de sa peine, prononcée en 2002. On entend le président de la République et les ténors de la majorité se scandaliser devant cette situation. Mais comment se fait-il, alors, que la loi pénitentiaire, votée il y a deux semaines, étende encore plus les peines de substitution à toutes les personnes condamnées à des peines allant jusqu’à deux ans de prison ferme ? Comment se fait-il que l’actuelle majorité, au pouvoir depuis 7 ans, n’ait pas pris à bras le corps l’un des problèmes majeurs de la justice, à savoir l’insuffisance de ses moyens (qui sont, en France, moitié moins importants par habitant qu’en Allemagne et en Grande-Bretagne) ? Comment se fait-il que l’on continue, pour les délinquants les plus dangereux, à retrancher 4 mois d’incarcération à la peine totale par année passée en prison ? Et, au lieu de nous dire que la surpopulation carcérale exige de libérer de la place dans les prisons, que l’on crée enfin les capacités nécessaires ! Pour ma part, je viens de déposer une proposition de loi visant à remettre en cause les remises de peines automatiques pour les crimes sexuels et de sang… Ce serait bien la moindre des choses !
Quand donc osera-t-on des politiques inspirées par le bon sens et l’intérêt général, plutôt que par le copinage, la facilité et le laxisme ?
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/10/02/Banques%2C-%C3%A9cole%2C-justice-%3A-on-marche-sur-la-t%C3%AAte-%21
Le quotidien Le Monde a publié dernièrement un passionnant témoignage d’un de ces journalistes, d’origine maghrébine, qui relate l’injustice du racisme ordinaire.
Mustapha Kessous raconte ainsi en détail les multiples réactions vexatoires que lui vaut sa couleur de peau. Peu importe qu’il soit Français et journaliste au sein du prestigieux quotidien du soir, on ne le croit pas, on lui jette des regards suspicieux. Veut-il louer un appartement ? Il est obligé de se faire accompagner d’une amie de type européen pour rassurer les loueurs qui l’accueillent. Au téléphone, il n’ose plus déclamer son prénom. Au tribunal, lorsqu’il enquête sur tel ou tel procès, il lui arrive d’être abordé par des membres des forces de sécurité qui lui demandent s’il est le « prévenu » ! Etc. Ces anecdotes, toutes plus humiliantes les unes que les autres, sont à la fois révoltantes et inquiétantes par rapport au niveau de racisme ordinaire dans notre pays, qu’on aurait pu croire en recul.
Bien sûr, on ne rappellera jamais assez l’importance de la lutte contre les préjugés, de l’éducation civique, du refus d’une odieuse exclusion pour cause de « délit de sale gueule ».
Ce que l’on rappelle moins souvent, hélas, c’est que ce racisme ordinaire est avant tout la conséquence d’une immigration peu ou mal contrôlée, qui laisse entrer sur le territoire national près de 100 000 étrangers supplémentaires chaque année et se former des ghettos dans nos quartiers et nos cités.
Et que dire de l’insuffisance dans la lutte effective contre l’immigration clandestine, la disparition des contrôles aux frontières constituant à l’évidence un appel d’air fatal et les déclarations martiales du gouvernement en l’absence de moyens et de volonté réels revenant à vider la mer à la petite cuillère ?
On ne le dit pas assez souvent : les premières victimes de l’immigration incontrôlée sont les immigrés en situation régulière eux-mêmes et, pire encore, leurs enfants pourtant naturalisés.
A force de s’accommoder des discours de fausse générosité dont sont friands l’extrême-gauche et certains milieux « droits-de-l’hommistes », on a en réalité rendu inopérant le modèle d’assimilation à la française - fondé sur l’intégration des individus et le refus des communautés - au risque de mettre profondément à mal notre modèle national. Certains « modernes » n’ont de cesse de mettre à l’index le prétendu archaïsme de ce modèle républicain pour vanter à mots plus ou moins couverts les vertus, on ne peut plus imaginaires, de l’intégration à l’anglo-saxonne. Ceux-là devraient pourtant mieux connaître leur propre objet d’admiration immodérée : aux Etats-Unis ou en Angleterre, le communautarisme alimente un racisme moins apparent, plus « poli », mais beaucoup plus enraciné dans l’esprit de communautés qui se pensent inconciliables et sont en réalité rivales.
Ma vision de la France et de la République refuse ces dérives faussement sympathiques. Il faut permettre au modèle d’assimilation à la française de continuer à vivre, au lieu de le congestionner pour le stigmatiser. Mais cela implique un courage que la classe politique, de droite comme de gauche, est loin d’avoir : il faut en particulier vraiment limiter le flux migratoire en rétablissant les contrôles aux frontières, ce afin de permettre l’assimilation des immigrés déjà présents, la fin des ghettos, etc. De même, il faudra bien avoir le courage de restreindre le regroupement familial pour mettre en place l’immigration choisie dont se targue le gouvernement, en lieu et place de l’immigration de peuplement que de nombreux observateurs ont signalé depuis 20 ans. A cet égard, Debout la République propose de prononcer un moratoire pour les cinq prochaines années…
C’est notamment à ce prix que l’on parviendra à faire vraiment reculer le racisme ordinaire, qui empoisonne le quotidien de millions de gens en France et auxquels se heurtent celles et ceux qui, pourtant, sont les plus ardemment désireux de rejoindre pleinement la communauté nationale.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/09/30/Le-racisme-est-la-cons%C3%A9quence-de-l%E2%80%99immigration-incontr%C3%B4l%C3%A9e
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/09/26/Justice-fiscale-%3A-c-est-pour-quand
La décision prise par le Directeur départemental de la Sécurité publique de l’Essonne de mettre à la disposition des citoyens une boîte aux lettres électronique pour signaler à la police, en toute discrétion, certains faits de délinquance, fait couler beaucoup d’encre.
Député-maire dans ce département, j’ai apporté tout mon soutien à cette initiative car je connais bien le défi permanent que représentent certaines incivilités ou infractions (rodéos, occupation de halls d’immeubles, etc.) pour les habitants qui y sont confrontés. Croyez-moi, lorsque vous êtes régulièrement en butte à ce genre de phénomènes, c’est bien légitimement que vous réclamez que tout soit fait pour qu’il y soit mis efficacement un terme. C’est en tout cas ainsi que je conçois mon rôle d’élu, au côté et au service de mes concitoyens, notamment des plus fragiles. C’est pourquoi je ne me reconnais pas dans les cris d’orfraie poussés par certains élus essonniens, plus prompts à défendre de grands et lointains principes qu’à se soucier de la tranquillité publique.
Néanmoins, cela va de soi, une telle innovation nécessite des modalités de mise en œuvre adaptées aux contraintes des services de police, aux questions desquelles il faudra savoir apporter les bonnes réponses.
Les syndicats de policiers sont partagés sur l’opportunité de cette mesure, beaucoup d’entre eux lui apportant leur soutien, d’autres exprimant des doutes sur le sentiment qu’elle pourrait provoquer parmi la population si elle apparaissait comme de la délation.
Comme pour le « témoignage anonyme » que je soutiens, il faut rappeler que cette possibilité discrète de signalement n’est pas illimitée, la dénonciation calomnieuse étant punie par la loi.
Dès lors, offrir enfin la possibilité à de paisibles habitants, que la peur de représailles empêche trop souvent de se plaindre aux autorités, de signaler efficacement des incivilités récurrentes, ne peut être qu’une innovation positive au bénéfice de tous, à l’exception bien sûr des fauteurs de troubles.
Jusqu’à présent, on avait trop l’habitude de voir les honnêtes gens trembler… Pourquoi donc faudrait-il s’offusquer que la peur change enfin de camp ?
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/09/21/Ins%C3%A9curit%C3%A9-%3A-faisons-le-pari-de-l%E2%80%99innovation-%21
L’Assemblée nationale a commencé avant-hier à examiner la réforme pénitentiaire, replaçant au cœur du débat l’une des préoccupations majeures et légitimes des Français : la sécurité publique.
Ne nous voilons pas la face, ce projet de loi porté par Michèle Alliot-Marie n’est pas bon et suscite de multiples craintes, qui paraissent hélas fondées. Je l’affirme ici avec la même liberté et la même franchise qui m’avaient conduit, au début du quinquennat, à soutenir la création des peines-plancher, effectivement indispensable pour enrayer la spirale de la délinquance, notamment des jeunes. Le projet d’aujourd’hui vise, selon ses initiateurs, à apporter toute une série d’améliorations au système pénitentiaire, aussi bien pour l’humaniser que pour le rendre plus efficace.
Mais, avec les syndicats policiers comme certaines associations militant pour une justice protégeant davantage nos concitoyens, je suis obligé de constater que ce projet ne se contente pas d’ignorer la question centrale – le manque criant de moyens de la justice en France, moitié moindres par habitant qu’en Allemagne et en Grande-Bretagne – mais encore qu’il cherche, l’air de rien, à atténuer le problème de la surpopulation carcérale en remettant en liberté des milliers de condamnés à des peines courtes !
Ainsi, concrètement, les Juges d’Application des Peines (JAP), pourraient exempter de peine d’incarcération les personnes condamnées jusqu’à deux ans de prison, ce qui correspond à des condamnations pour des faits graves de violences aux personnes, d’agression sexuelle, etc. D’une manière générale, ce sont les faits de « petite délinquance », celle qui pourrit les cités et terrorise les quartiers qui seraient les premiers concernés et pour lesquels des peines de substitution (port de bracelet électronique, assignation à domicile, travaux d’intérêt général) seraient désormais systématiquement appliquées, renvoyant dans la nature les délinquants.
Un condamné à 2 ans de prison ferme ? Il ne passerait pas un seul jour derrière les barreaux, s’en tirant avec 9 mois de port de bracelet électronique suivis d’une libération conditionnelle ou de travaux d’intérêt général… Un condamné à 3 ans de prison ferme ? Il resterait au plus 9 mois dans un établissement pénitentiaire, avant d’en sortir avec un bracelet qu’il garderait pendant 6 mois, puis la libération conditionnelle (soit 15 mois de peine effective au lieu de 36 !).
Face à l’engorgement des tribunaux et à la surpopulation carcérale, la Garde des Sceaux avait admis en juin que, en France, pas moins de… 82000 condamnations à des peines de prisons n’étaient pas exécutées à cette date ! Mais pour commencer à résoudre le problème, quelle est la réponse du gouvernement ? Construit-il les prisons qui manquent, fournit-il aux tribunaux les moyens enfin décents de rendre la justice ? Non, il s’apprête à désengorger les établissements pénitentiaires en exemptant d’incarcération - ou en en réduisant substantiellement la durée - des délinquants à qui un gravissime message d’impunité va ainsi être envoyé ! Et que l’on ne vienne pas nous dire que cette généralisation des aménagements de peine va permettre de faire diminuer la récidive : il est bien évident que cette corrélation ne vaut que pour une population carcérale motivée par l’idée de la réinsertion et dont la libération conditionnelle n’est pas automatique.
Ajouté à cela un certain laxisme judiciaire, appliqué aux délits les moins graves jamais puni par l’emprisonnement (alors que la loi le permettrait), la réforme pénitentiaire risque en réalité d’accroître dramatiquement l’insécurité quotidienne dont souffrent les Français. Les syndicats des forces de sécurité publique s’en alarment à juste titre, dénonçant une politique incohérente de la chaîne pénale, qui met sous pression maximale une police et une gendarmerie dont on baisse les effectifs, tout en démissionnant lorsque ces dernières réussissent à traîner les délinquants devant les juges…
Qu’est-ce donc que cette justice à deux vitesses, l’une, visible, au tribunal correctionnel, qui fait mine de condamner pour rassurer les Français, l’autre, bien plus discrète, exercée par les JAP, qui relâchent prématurément les délinquants ?
Hélas, cette contradiction flagrante semble résumer la politique du gouvernement, aussi bien dans ce domaine que dans bien d’autres : par devant, montrer les muscles, communiquer sur la reprise en main de tel ou tel service de l’Etat, faire voter des lois fermes (peines-plancher, etc.), et par derrière, laisser le désordre s’aggraver, exposant les Français à des maux auxquels, en réalité, on a renoncé depuis bien longtemps à s’attaquer sérieusement.
Face au tollé provoqué par son projet de loi, Michèle Alliot-Marie semble vouloir atténuer le laxisme des aménagements de peines qui y sont prévus. Attendons donc de voir quelles mesures précises seront proposées au Parlement mais, vous pouvez compter sur moi, je ne voterai jamais un texte aggravant le laxisme judiciaire.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/09/17/R%C3%A9forme-p%C3%A9nitentiaire%2C-d%C3%A9mission-p%C3%A9nitentiaire
Lors du vote de la loi portant sur le travail dominical, Luc Châtel
avait salué cette « nouvelle liberté » offerte aux salariés, laquelle
allait voir le jour grâce à la bienveillance d’un gouvernement soucieux
de leur bien-être.
Or, le samedi 15 août nous a donné un avant-goût des nouvelles
relations entre employeurs et salariés que l’entrée en vigueur de cette
loi, autorisant l’ouverture des magasins le dimanche, allait favoriser. En effet, ce jour là, les salariés du BHV ont pu apprécier la réalité de la liberté nouvellement acquise, vendue sur un plateau d’argent par le gouvernement, au travers d’une lettre de leur direction quelque peu insistante : « (…) comme précisé dans la note d'information du 18 juin, le magasin de Rivoli et le BHV Homme seront ouverts le samedi 15 août de 10 heures à 19 heures. Vous ne vous êtes pas déclarée volontaire pour venir travailler ce jour-là. Votre présence est néanmoins indispensable. (...) Le samedi faisant partie de vos jours habituels de travail, nous vous demandons de bien vouloir vous présenter à votre poste ce jour-là. Si vous ne deviez pas tenir compte de notre demande, votre absence serait considérée comme injustifiée et nous serions contraints d'envisager une sanction à votre encontre. » Bien curieux volontariat que celui sur lequel plane une telle épée de Damoclès. Gageons que ce qui est valable pour le samedi le sera d’autant plus pour le dimanche sous l’effet de la loi. La situation sera d’ailleurs d’autant plus préoccupante dans les magasins situés en « zone touristique », où le travail dominical se fera toujours sur la base du « volontariat » mais sans contrepartie aucune pour les salariés. Les volontaires risquent donc de ne pas se précipiter pour se faire connaître, ce qui amènera leur direction à les désigner, à l’instar de ce qui s’est passé au BHV. Des volontaires désignés, une liberté imposée… autant de raisons qui m’ont amené à m’opposer à cette loi et qui continuent de prouver le bien-fondé de ma position.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/08/25/La-libert%C3%A9-du-renard-dans-le-poulailler
Avec 0,3 % de croissance au second trimestre, la France et l’Allemagne semblent renouer avec un début de reprise. Comment ne pas s’en réjouir ?
Cependant, il serait illusoire de croire la crise passée et ce pour deux raisons principales :
• Tout d’abord le système financier n’est pas guéri de ses maux. Pire, avec l’argent public, il recommence ses pirouettes dangereuses et scandaleuses.
• L’économie française reste profondément malade et l’industrie continue à perdre beaucoup d’emplois. Le léger regain de croissance s’effectue donc une fois de plus à crédit. Les chiffres du commerce extérieur témoignent de la faiblesse de notre compétitivité, de l’ampleur des délocalisations et du manque d’investissements dans les secteurs d’avenir.
Ainsi, au 1er semestre 2009, le déficit du commerce extérieur français a baissé de 1,4 milliard passant de 26,8 à 25,4 mais la facture énergétique a baissé de 9 milliards d’euros, ce qui veut dire concrètement que le déficit structurel s’accroît encore.
Une fois de plus, ces chiffres alarmant sont tus, car ils révèlent le piège mortel pour notre économie du mélange de l’ouverture totale des frontières, de l’euro cher et des charges sociales trop élevées. Il est en effet suicidaire de cumuler ces trois contraintes. Soit l’on accepte le libre échange intégral mais on utilise sa monnaie, comme le font les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la Chine pour gagner des positions commerciales. Soit l’on conserve une monnaie forte, mais alors on baisse les charges comme l’a fait l’Allemagne avec la TVA sociale, ou on se protège habilement du libre échange, comme le fait le Japon.
Notre pays, lui, subit les trois contraintes et laisse en conséquence le chômage de masse gangréner notre société. Il est masqué certes par les transferts sociaux, mais il progresse d’année en année paupérisant une part croissante de la population. De surcroit, les dépenses sociales pèsent de plus en plus sur les déficits et donc les dettes.
Mais quand décidemment nos élites ouvriront-elles les yeux ? Espérons qu’un jour, avant qu’il ne soit trop tard, notre pays retrouve sa lucidité sur les causes du mal qui le ronge !
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/08/19/Une-reprise-timide-%C3%A0-cr%C3%A9dit-%21
En lisant la presse de ces derniers jours, je découvre avec stupéfaction que le Gouvernement veut légiférer très vite pour réduire l’avantage des retraites accordées par le Code de la Sécurité Sociale aux femmes salariées du privé ayant élevé leurs enfants (majoration de durée d’assurance qui leur permet de gagner jusqu’à deux annuités complémentaires pour le calcul de leur retraite). La raison : la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et la Cour de Cassation ont accordé à un père de famille le droit de bénéficier de cet avantage.
Alors que les femmes gagnent moins que les hommes (25% en moyenne), que leur carrière est hachée et qu’elles bénéficient donc d’environ 40 % de pension de retraite en moins, voilà qu’une lecture stupide de la déclaration européenne des droits de l’Homme et du principe d’égalité, conduit le Gouvernement à vouloir agir très vite. Dans la fonction publique, une astuce avait été trouvée en autorisant les pères ayant pris un congé parental ou réduit leur activité professionnelle à bénéficier d’un avantage de retraite pour pouvoir être conforme à la jurisprudence. Qu’en sera-t-il demain pour les retraites du privé ?
Le Parlement en débattra à l’automne probablement. Là aussi, il faudra combattre pour éviter l’application bête et méchante du principe d’égalité car, que je sache, ce sont encore les femmes qui portent les enfants.
Cela me fait penser d’ailleurs à cette directive européenne qui avait forcé la France, au nom de l’égalité Homme/Femme, à supprimer l’interdiction du travail de nuit des femmes. Quand il s’agit de réduire les droits sociaux, Bruxelles sait très bien invoquer les grands principes !
En cette trêve estivale, j’attendais plutôt du Gouvernement l’annonce d’un projet de loi pour encadrer le versement des bonus et surtaxer les plus hautes rémunérations. Mais je devais plutôt rêver ! Il semble tellement plus utile à certains de rogner l’un des piliers de notre politique familiale.
Et après on s’étonne de voir nos concitoyens écœurés se détourner des urnes …
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/08/14/Deux-poids-deux-mesures
J’ai milité pendant des années aux côtés des restaurateurs français pour leur permettre d’obtenir un taux de TVA réduit à 5,5 %. Leurs arguments m’avaient en effet convaincu.
J’ai salué à cet égard le succès diplomatique de la France et la ténacité du Président de la République qui a su obtenir l’accord de ses partenaires européens. Il faut en effet être objectif et savoir reconnaître quand un engagement est respecté. Mais, après quelques jours de vacances, comme tous les Français, je constate que la plupart des restaurateurs ne jouent pas le jeu. Cette baisse de TVA qui coûtera en année pleine, 3 milliards d’euros aux contribuables, et donc au peuple français, n’est pas répercutée sur le consommateur. C’est un véritable scandale.
Le Gouvernement se félicite de voir la moitié des restaurateurs jouer le jeu, mais quand on regarde dans les faits, l’engagement de ces derniers ne porte que sur sept plats, et en général les moins attractifs !
Les restaurateurs de leur côté disent devoir investir pour mettre aux normes leurs locaux ou affirment augmenter les salaires de leur personnel. Mais là aussi, surprise : à part quelques primes, combien d’accords réels ont été signés ? Les fédérations professionnelles sont-elles capables de rendre des comptes ?
Cette légèreté dans l’application de cette décision, tant de la part du Gouvernement que des restaurateurs, donne une fois de plus aux Français le sentiment que notre pays est gouverné au gré des intérêts particuliers.
J’avais proposé pour ma part, un contrat entre le Gouvernement et les restaurateurs, où l’ensemble des prix aurait été systématiquement baissé d’un pourcentage représentant entre une moitié et un tiers de la baisse de TVA, le reste étant laissé aux restaurateurs pour la rémunération du personnel et les efforts d’équipement. Cela aurait eu le mérite de la simplicité. Les consommateurs auraient pu vérifier si leur restaurateur préféré jouait le jeu.
En définitive, parce je les ai toujours soutenus, j’ai le devoir de dire aux restaurateurs qu’il faut d’urgence changer de comportement s’ils veulent garder l’estime de nos compatriotes.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/08/11/Amis-restaurateurs%2C-il-est-temps-de-r%C3%A9percuter-la-baisse-de-TVA
Philippe de Villiers a cédé ! Il vient de rejoindre la Majorité Présidentielle en acceptant de siéger au Comité de liaison des formations politiques qui soutiennent Nicolas Sarkozy.
Cette décision attriste toutes celles et tous ceux qui, même s’ils ne partageaient pas les convictions de Philippe, lui reconnaissaient une certaine constance. Comment le président du MPF peut-il désormais soutenir un Président de la République dont il a contesté récemment les principales décisions (Traité de Lisbonne, retour dans l’OTAN, etc, etc…) ? Philippe de Villiers pour se justifier, déclare se sentir plus efficace pour incarner le souverainisme à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur. Qui peut sincèrement croire une telle énormité ? Je lui souhaite bon courage !
Ceux qui, lors des élections européennes, me reprochaient de ne pas faire alliance avec Philippe de Villiers, comprennent donc aujourd’hui pourquoi j’étais si méfiant. Je connaissais en effet les contacts réguliers entre Philippe de Villiers et l’Elysée et je me doutais bien qu’un jour ou l’autre cela finirait ainsi. Je ne voulais pas participer à une énième trahison de nos électeurs.
Il nous revient désormais à Debout la République de rassembler toutes celles et tous ceux qui refusent une France abaissée et politicienne. Beaucoup de cadres du MPF nous ont déjà rejoints ou s’apprêtent à le faire. J’ai demandé à toutes nos fédérations de les accueillir à bras ouverts car, n’en doutons pas, la mascarade politique d’aujourd’hui appelle obligatoirement à un sursaut. Il nous revient de le préparer.
Comment croire, en effet, que notre pays puisse continuer à dériver ainsi. La caste dirigeante qui nous gouverne n’osant pas s’attaquer aux racines des problèmes.
Un moment d’ailleurs, nos compatriotes avaient cru que Nicolas Sarkozy en aurait la volonté. Mais les postures ne font pas une politique et la situation se dégrade de jour en jour :
• Sur le plan économique, la compétitivité des entreprises françaises s’effondre (euro cher, charges trop lourdes), les PME ferment les unes après les autres et seules, les banques qui tondent les Français, et les entreprises du CAC 40 qui investissent à l’étranger, masquent ce recul historique.
• Sur le plan budgétaire, les déficits explosent car seul l’assistanat peut éviter la révolte sociale, nos concitoyens supportant, de moins en moins, deux poids deux mesures qui servent de politique. D’un côté les privilèges, notamment fiscaux, de l’autre le chômage de masse.
La cohésion nationale, enfin, est ruinée par une immigration non contrôlée qui nourrit les ghettos de nos banlieues.
Face à cela, la politique gouvernementale se limite à des effets de manche, à des mesurettes pour se donner l’illusion d’agir mais se refuse à porter le fer sur les causes réelles du mal :
• Une Union Européenne qui asphyxie notre économie, par l’Euro cher et le libre échange déloyal.
• L’absence de contrôle aux frontières et la pensée unique qui interdisent une vraie politique migratoire.
• La proximité avec les grands groupes du CAC 40 et les banquiers, qui empêche de mettre l’économie au service du pays.
• La volonté de plaire qui consiste à dépenser toujours plus, sans s’assurer des recettes.
Certains me diront : que peut-on faire ? Les Français ont la tête ailleurs, les principaux médias sont très proches du pouvoir, la Gauche ferait bien pire et même Philippe de Villiers abandonne.
Mais c’est justement parce que le couvercle est vissé fermement sur la marmite que cette dernière explosera.
Gardons alors notre cap, affirmons nos convictions républicaines et gaullistes et proposons des mesures très concrètes pour sortir la France de cette crise.
Car le grand paradoxe est que notre pays dispose de quantités d’atouts ; au premier rang desquels les Français qui aimeraient être considérés comme des adultes.
Redonner à notre pays les moyens de maîtriser son destin en encadrant l’Union Européenne, renforcer la compétitivité de notre économie en s’appuyant sur nos PME, garantir la cohésion sociale en combattant les privilèges et en restaurant le modèle républicain, voilà les axes de notre projet. Nous en parlerons abondamment à nos Universités de Rentrée.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/08/06/%C2%AB-La-petite-soupe-%C2%BB
La volonté du gouvernement d’avancer sur la taxe carbone n’est pas niable et doit être saluée. Aujourd’hui, Michel Rocard, président de la conférence des experts chargée de décanter les choses, a ainsi officiellement remis au gouvernement ses préconisations, dont l’écho ces derniers jours avait fait coulé beaucoup d’encre. Comme beaucoup de Français, j’ai hâte d’en découvrir la facture précise. On pourra alors savoir vraiment si elles maintiennent les zones d’ombres (l’électricité sera-t-elle concernée ?), les ambiguïtés (où se situe le « bon » point d’équilibre entre changement des comportements et modération fiscale en période de crise ?), voire les insuffisances (comment admettre que les grandes industries polluantes, déjà soumises à un système de quotas européen, en soient exemptées ?) qui ont été récemment décriées par les uns ou les autres.Car tout l’enjeu est effectivement d’inventer un levier fiscal offrant une réelle efficacité écologique, sans pénaliser excessivement les classes fragiles et la compétitivité des entreprises, ni donner le sentiment qu’on crée sous couvert de préoccupation environnementale « un impôt de plus ».C’est pourquoi la responsabilité du gouvernement sera immense lors des arbitrages qu’il sera amené à rendre et c’est pourquoi, aussi, ce dernier a tout intérêt à susciter un vrai débat à l’automne, un débat ouvert et pluraliste qui permette autant que possible de favoriser un consensus sur cet enjeu d’intérêt général majeur. Bien entendu, les gaullistes de Debout la République seront au rendez-vous et, à l’Assemblée, j’y prendrai toute ma part.Reste que ce débat très franco-français cache un énorme non-dit sur lequel le gouvernement ne pourra pas éternellement se taire : au-delà des modalités du dispositif dans notre pays, comment l’étendre hors de nos frontières ?Car il est bien évident que la France seule ne pourrait rien faire d’autre que de montrer l’exemple si la taxe carbone restait cantonnée aux consommateurs et entreprises français : l’efficacité environnementale serait quasi nulle à l’échelle de la planète et notre pays assumerait alors de manière déséquilibrée des contraintes ne pesant sur personne d’autre. Songe-t-on par exemple que, cette année encore malgré la crise, la Chine va engranger un taux de croissance avoisinant les 9%, au prix de gigantesques émissions de CO² ? Ce, alors même que nous sommes déjà le pays développé qui émet le moins de CO² grâce à notre électricité nucléaire !Or, le seul moyen de peser sur le reste du monde est d’européaniser ce dispositif, tout en étendant d’ailleurs son champ d’application à un maximum d’activités humaines (notamment aux importations, très gourmandes en énergie fossile pour le transport). Mais aucun consensus européen n’existe pour l’instant. En particulier, l’Allemagne a fait savoir par l’un de ses ministres qu’il est hors de question d’instaurer aux frontières de l’Europe une taxe carbone. Une fois de plus, le refus de voir et de surmonter nos divergences avec nos amis allemands risque de nous coûter très cher. La taxe carbone devra donc forcer nos dirigeants à enfin avoir la grande explication qui s’impose avec Berlin, qui concerne d’ailleurs tout autant le taux de change de l’euro et la mise en place d’un protectionnisme raisonnable en lieu et place du libre échange intégral d’aujourd’hui.Cette fois, ne seraient plus seulement en jeu notre croissance et nos emplois, mais l’avenir de la planète elle-même. Ce jeu en vaut vraiment la chandelle.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/07/28/Taxe-carbone-%3A-le-grand-non-dit
J’ai reçu récemment un jeune créateur d’entreprise qui a inventé, pour les collectivités publiques, un produit particulièrement ingénieux permettant à la fois d’effectuer des économies budgétaires et de mieux protéger l’environnement. Son « aventure » est des plus instructives. Tout d’abord, il a créé sa société à Londres car aucune banque française n’a souhaité le soutenir pendant la phase de conception et de fabrication de son produit.
Toutes les portes se sont fermées devant lui à Paris et à chaque fois on lui disait la même chose : « revenez nous voir quand vous aurez commencé de vendre votre invention ».
En Angleterre, il a pu tout de suite réunir un tour de table financier, ses interlocuteurs misant sur sa capacité à gagner son pari. Ensuite, et c’est peut-être le plus grave, il a conçu son invention mais a décidé de la fabriquer en Chine, où il a démarré la production après plusieurs visites sur place.
Aujourd’hui, trois ans après ces premiers pas, il a remporté plusieurs marchés importants dans le monde entier - aux Etats-Unis et en Afrique notamment - et son entreprise est prospère. Même s’il en est encore à ses débuts, il a réussi à se diversifier et à consolider sa percée sur le marché américain.
Troisième enseignement : lorsqu’il a obtenu un premier gros contrat aux Etats-Unis, les autorités du pays ont conditionné l’accès au marché à la création d’une unité de production sur le sol américain. En Europe, à l’inverse, on lui commande ses produits sans lui demander en échange la moindre implantation d’activité de production.
Ainsi, les remèdes à la crise de langueur que connaît depuis plusieurs années l’Europe - et notamment la France en son sein – sont connus. Le drame vient de ce que l’UE se montre incapable de les mettre en œuvre lorsqu’elle ne les combat pas !
On se souvient en particulier du triste épisode du « Small Business Act » à l’européenne : répondant à la forte demande des PME européennes, lésées par l’existence aux Etats-Unis et en Asie de ce système préférentiel obligeant notamment les collectivités publiques à passer au moins 25% de leurs commandes auprès des PME nationales, la Commission de Bruxelles avait délibérément accouché d’une coquille vide par refus de toute entorse à la « concurrence libre et non faussée ». Quand bien même il s’agissait d’offrir à nos entreprises de lutter à armes égales contre leurs homologues américaines et asiatiques…
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/07/20/Soutien-aux-PME-%3A-les-recettes-sont-connues-mais-il-manque-de-la-volont%C3%A9
Hier, j’ai visité les nouveaux quartiers « écologiques » de la ville de Fribourg en Allemagne. Depuis longtemps j’ai souhaité rencontrer les concepteurs de cette nouvelle organisation de ville.
La ville de Fribourg a entamé en effet une démarche globale afin de réduire massivement les émissions de CO² et de promouvoir un réel développement durable. Les résultats commencent à être impressionnants.
Un plan d’urbanisme strict, qui associe développement des transports et nouveaux quartiers (la ligne de tramway arrive dès l’installation des habitants au cœur du quartier), un effort tout particulier en faveur de l’usage du vélo (parc spécifique, pistes cyclables, cœur de la ville interdit aux voitures), une forte incitation à l’installation de panneaux solaires à la fois thermiques et photovoltaïques,… autant d’axes qui pourraient tout à fait nous servir de leçon. La visite du nouveau quartier Vauban montre qu’il est tout à fait possible de concevoir et de réaliser une ville de 10 000 habitants à la fois dense et très humaine. Toutes les habitations sous forme de petits immeubles terrasses consomment moins de 65 kWh par km² (basse consommation ou énergie passive contre une moyenne de 150 à 200 aujourd’hui dans les autres quartiers).
Cette généralisation de l’énergie solaire couplée avec de la cogénération pour le chauffage, une très bonne isolation thermique et des transports propres, constituent, à n’en pas douter, une solution d’avenir.
Mais attention, il suffit de se promener dans les rues de Fribourg pour comprendre que tout cela fonctionne car avant tout les Allemands sont doués d’un sens civique exceptionnel. Les rues sont sans dos d’ânes car chacun respecte la limitation à 30 km/h, les tramways sont en parfait état malgré un âge certain, les voies restent piétonnes car aucun automobiliste n’aurait l’idée de tricher, les déchets n’ont pas besoin d’être triés une seconde fois car les habitants font preuve d’une grande rigueur dans le premier tri, les espaces publics sont indemnes de tout papier, tag, etc.
Tout cela laisse songeur quand on revient en France !
Il faudra là aussi que nos concitoyens comprennent un jour qu’une part du poids fiscal qu’ils supportent de moins en moins, à juste titre, est le fruit d’un chacun pour soi qui coûte très cher à la collectivité.
Il reste que nous pouvons dans nos villes, comme j’ai pu le commencer à Yerres, changer d’approche sur le fonctionnement urbain pour permettre à la fois de mieux protéger notre planète, mieux vivre et protéger le porte-monnaie communal, ce qui ne gâche rien !
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/07/10/Fribourg%2C-ville-durable%2C-ville-de-l%E2%80%99avenir
Nous voilà réunis à nouveau à l’Assemblée Nationale pour examiner une proposition de loi sur le travail dominical.
Après avoir reculé, faute de majorité, le Président de la République, par l’intermédiaire d’une proposition de loi d’un Député, Richard Mallié, contourne l’obstacle en complexifiant à outrance le dispositif de manière à endormir les opposants. Mais personne n’est dupe de cette proposition qui, par l’intermédiaire des zones touristiques, va généraliser le travail le dimanche sans même offrir les compensations habituelles à tous les salariés. Seuls ceux travaillant le dimanche dans les périmètres d’usage de consommation exceptionnels autorisés dans les zones urbaines de plus d ’un million d’habitants, bénéficieront d’un double salaire, à défaut d’accord entre partenaires sociaux.
Ainsi, comble de l’absurde, le statut du salarié ne sera pas le même selon que ce dernier travaille dans une zone touristique ou un « périmètre d'usage de consommation exceptionnel » (PUCE).
Pire encore, la définition des zones touristiques est confuse, le nombre de communes concernées variant de 500 à 6000, et abritant ainsi jusqu’à la moitié de la population française.
A partir du moment où l’on autorise le travail le dimanche sur une si large échelle, il va de soi que ce système ne tiendra pas longtemps car beaucoup de commerçants, pour lutter à armes égales, seront obligés de demander une autorisation d’ouverture qui par ailleurs pénalisera leur management.
La manœuvre est habile. Faut-il que les parlementaires UMP soient bien naïfs ou bien cyniques pour prétendre avoir obtenu gain de cause ? L’affaire est d’autant plus grave que cette proposition de loi est issue d’un véritable caprice présidentiel, de surcroît totalement contradictoire avec le discours de Versailles censé promouvoir les acquis du modèle social et républicain français hérité du Conseil National de la Résistance.
Le double discours présidentiel atteint des niveaux qui frisent l’imposture. N’en déplaise aux postures inspirées par Henri Guaino , c’est bien la loi du fric maximum pour quelques uns qui balaye tout.
Car non seulement cette mesure va désorganiser la vie des familles, mais elle n’a aucun intérêt économique, la plupart des fédérations patronales y étant hostiles.
Il s’agit d’un vrai recul de civilisation.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/07/07/Le-double-discours-permanent
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/06/30/C-est-l-histoire-d-un-maire-...
En 2002, la lutte contre l’insécurité avait été érigée en priorité nationale.
Après la myopie du gouvernement JOSPIN qui d’ailleurs lui avait coûté son éviction dès le 1er tour de la Présidentielle, les gouvernements de Jacques CHIRAC, avec notamment Nicolas SARKOZY comme Ministre de l’Intérieur, avaient – il faut bien le reconnaître – repris les choses en main. Augmentation des effectifs de Police, durcissement de la politique pénale, etc… Les résultats avaient été au rendez-vous.
Curieusement, une fois élu Président de la République, Nicolas SARKOZY s’est désintéressé du dossier, croyant que sa seule image «sécuritaire» suffirait à résoudre les problèmes.
La situation se dégrade désormais à nouveau.
La pression budgétaire de Bercy (pour la 1ère fois, des milliers de départs en retraite ne sont pas remplacés), et l’influence de la pensée unique, tétanisent le gouvernement.
L’augmentation spectaculaire des vols à main armée, la progression continue des agressions sur les personnes traduisent à nouveau le sentiment d’impunité des délinquants qui font régner la terreur dans les quartiers.
La clémence l’emporte toujours dans les Palais de Justice. L’absence de places suffisantes dans les prisons (60 000 places en France contre 80 000 en Angleterre) contribue à cette fausse idée qui circule : tout sauf la prison.
Or, comment rétablir le calme sans mettre en œuvre des peines immédiates et fermes après chaque délit ?
Il ne s’agit pas, bien sûr, de mêler les détenus dans des prisons dépotoirs mais de mettre en place un système judiciaire à l’image de ceux de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne.
Certes, il faudra en payer le prix mais cela coûtera toujours moins cher que cette loi de la jungle qui progresse partout en France au détriment des plus faibles.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/06/27/URGENCE
Les élections européennes qui viennent de s’achever, à l’issue d’une non-campagne suivie d’une abstention énorme et délibérément provoquée, n’a hélas pas permis d’ouvrir autant qu’il l’aurait fallu le débat européen.
La pensée unique à l’œuvre dans les principaux partis comme dans les petits cercles parisiens du pouvoir médiatique, a ainsi réussi à faire passer des vessies pour des lanternes et à taire les questions que les Français voulaient voir débattues, aboutissant au final à une élection sans enjeu. Parmi ces questions cruciales hélas escamotées, il y a bien entendu l’euro, que la parole officielle s’acharne à nous présenter comme un miraculeux bouclier protecteur. Pourtant, l’évolution de la conjoncture dans différents pays européens démontre que cet « argument » n’est rien d’autre qu’une gigantesque mystification.
Comparons ainsi la situation en France et en Grande-Bretagne. Que n’a-t-on entendu il y a quelques mois, lorsque Londres a décidé de dévaluer fortement la Livre Sterling ?! On nous a alors annoncé avec triomphalisme que ces eurosceptiques d’Anglais se mordaient cruellement les doigts de n’avoir pas rejoint la zone euro et beaucoup étaient soi-disant prêts à mettre leur main au feu en faisant le pari que la Grande-Bretagne allait dans la foulée adopter la monnaie unique…
Aujourd’hui, que constate-t-on ? La dévaluation de la monnaie britannique, conjuguée à un puissant plan de relance, permet à l’économie anglaise d’enregistrer les premiers signes de rebond. Et la France ? Hélas, tout au contraire, notre pays, privé de dévaluation et de plan de relance comparable, n’en finit plus de détruire des emplois (près de 190 000 au premier trimestre 2009, soit l’équivalent de l’année 2008 tout entière et un chiffre jamais observé dans l’histoire économique de la France) et commence même à s’enfoncer dans une mortifère déflation (baisse absolue des prix, de l’activité, des actifs et des salaires, qui peut mener à une dépression décennale).
Ainsi, grâce à sa réactivité et à son pragmatisme, la Grande-Bretagne est en train de voir le bout du tunnel, après avoir subi un choc certes plus violent que nous mais beaucoup moins durable. A l’inverse, la France (et aussi l’Italie, l’Espagne et même l’Allemagne) s’enfonce lentement dans une catastrophe économique qui se développe plus lentement mais dont les effets terribles seront plus longs (donc plus douloureux) et plus difficiles à vaincre.
Le fautif ? Avant tout l’euro et son Pacte de stabilité, qui sont un véritable étouffoir pour la relance économique en Europe, interdisant toute dévaluation compétitive et tout effort massif de relance budgétaire, à l’inverse de ce que font sans vergogne toutes les autres puissances économiques mondiales (sans même parler de leur regain de protectionnisme).
Double peine : non seulement nous allons souffrir de la crise davantage et plus longtemps que les autres, mais aussi nous laisseront aux Etats-Unis, à la Chine, à l’Inde… le bénéfice d’une innovation technique et industrielle dans laquelle ils sont en train d’investir des sommes astronomiques pour se sortir, justement, du marasme ! Dans dix ans, si nous n’y prenons garde, nous serons donc appauvris face à des Chinois dominant les secteurs des énergies renouvelables et des nanotechnologies, ou à des Américains plus que jamais dominants dans la conquête spatiale !
Une fois de plus, l’Europe est la variable d’ajustement de désordres économiques dont elle n’est même pas la première responsable. Une fois de plus, la France à l’intérieur de l’UE va être la variable d’ajustement de l’Allemagne, qui interdit aux membres de la zone euro toute réforme de la monnaie unique comme du Pacte de stabilité (le gouvernement a encore une fois essuyé un cinglant revers lundi dernier lors de la réunion de l’Eurogroupe).
Où sont donc passés nos prophètes de l’UMP, du PS, des Verts et du MoDem qui nous promettaient jusqu’à dimanche dernier « l’Europe qui protège », « l’Europe sociale », « l’Europe humaine », etc. ?
Contrairement à ce que croient certains, le combat pour l’Europe des nations au service des peuples ne s’est pas achevé le 7 juin au soir : au contraire, il ne fait que continuer, avec une force et une urgence redoublées. Les gaullistes de Debout la République y prendront toute leur part, je peux vous le garantir…
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/06/12/L%E2%80%99euro-%C3%A9touffoir
Après un temps de recul, l’analyse attentive des résultats du scrutin dément les commentaires un peu rapide proclamés à chaud par les uns et les autres.
L’abstention considérable a été un peu vite passée sous silence. Elle se concentre tout d’abord sur les terres qui avaient vu la victoire du NON en 2005. Une abstention supérieure à 60% dans les circonscriptions Nord-Ouest, Nord-Est et Sud-Est. Mais le plus grave est dans la répartition générationnelle et socioprofessionnelle de cette abstention. 70% des 18/25 ans et 72% des 25/34 ans ne sont pas allés voter. 69% des ouvriers, 66% des employés, 77% des artisans, commerçants et chefs d’entreprises ont boudé les urnes. C’est donc la France qui souffre, la France active, la France de demain qui n’est plus représentée.
Le régime des partis a réussi son vieux rêve : se débarrasser du peuple. En bafouant le vote de 2005, en écartant les leaders du NON, en organisant des pseudo débats déconnectés de la réalité, ils ont réussi à dégoûter les forces vives du pays.
On comprend dès lors pourquoi l’UMP et les écologistes l’emportent en trompe l’œil. L’abstention des plus de 65 ans est faible (40% seulement) et favorise donc la majorité présidentielle. Quant à l’électorat des centres villes et de l’Ouest, il se porte naturellement vers les écologistes qui ont su répondre à un besoin de société.
Il est intéressant aussi de noter que 20% des abstentionnistes ne sont pas allés voter pour manifester leur désaccord avec la construction européenne, sans parler des 22% qui ne voyaient aucune différence entre les projets des différents partis et des 36% pour qui ces élections n’avaient aucun impact sur la situation en France.
Il faut aussi constater que le discours éternellement protestataire de l’Extrême gauche ou de l’Extrême droite ne suffit plus, car nos compatriotes, même les plus déçus du système, ont bien compris le danger des fausses solutions.
On comprend dès lors pourquoi ces résultats ne doivent pas nous décourager. Le score de Debout la République est loin d’être ridicule. Preuve en est d’ailleurs que la SOFRES qui, dans le journal le Monde nous plaçait à 0,5% avant le scrutin, s’est refusée à présenter le score de notre liste pourtant supérieur à celui de Lutte Ouvrière qui était affiché dès 20H.
Avec 1,82% sur la métropole et 2,04% si l’on exclut la région Ouest où nous n’avions pas les moyens financiers d’adresser des professions de foi et des bulletins de vote aux électeurs, notre mouvement réussit, dans un contexte extrêmement difficile, à s’implanter dans le paysage politique national.
Les scores sont d’ailleurs relativement homogènes dans toute la France avec un plus en Ile-de-France (2,44%), dans le Grand Nord-Ouest (2,40%) et dans le Grand Nord-Est (2,31%). Dans les villes ou les départements où nous avons des élus implantés, les résultats sont bien sûr meilleurs (5% en Essonne, 7% à Cambrai, etc.)
Continuons donc de parler au peuple qui n’en peut plus de la politique menée, de ce jeu stérile des bien-pensants et des postures démagogiques.
Il faut poursuivre notre discours de changement profond mais sérieux. Ne pas nous laisser impressionner par l’UMP et les écologistes qui dansent sur un volcan au bord de l’éruption.
Gardons le cap, faisons nous davantage entendre, parlons de l’avenir, apportons des solutions concrètes aux problèmes des Français.
Le peuple n’a pas dit son dernier mot.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/06/09/Le-peuple-n%E2%80%99a-pas-dit-son-dernier-mot

